Mes démarches tramicielles

Dessin : Mœbius

Mes démarches tramicielles

Voici mes démarches tramicielles pour le bénéfice de la communauté tramante d’aujourd’hui et de demain.  

Quatorze mois d’incubation — à réfléchir, à ressasser, à « tramer »*. La phase de la genèse était déjà loin derrière, puisque cette démarche de longue haleine a commencé dans l’imaginaire de Frédo il y a de cela un bon 25 ans !  Le parcours de la Machine à souhaits a été et sera sans doute parsemé d’essais et d’erreurs ; mais nous, les développeurs de la Tramice n° 721, sommes déterminés à arriver à produire une version opérationnelle, et ce, quel que soit le temps que cela prendra — nous visons pour l’instant l’automne 2020.

* tramer, verbe dérivé du mot « tramice » (serveur de machine à souhaits local) : travailler à l’implantation de tels serveurs, y penser, y rêver ; faire le point sur le projet ; connecter des talents, des souhaits ; aider l’algorithme en lui fournissant autant de versions de ce souhait que possible ; créer des glyphes et des raccourcis nouveaux ; tout simplement passer du temps sur sa console tramicielle.

J’ai donc embarqué dans le vaisseau incubateur. Apte à contribuer au développement de cette grande idée, je me suis immergée dans l’épreuve. Gestion de projets, administration de fichiers, décorticage d’activités en micro-tâches, entrée de données, recherche et prise de notes. Tout ça, c’est mon dada. 

D’ores et déjà, je commence à documenter le tout, tranquillement et sereinement ; j’y trouve un calme empreint de lucidité, un calme qui me laisse la possibilité et le goût de rêver à un avenir virevoltant et écologiquement stimulant !

Nous entrons dans un moment de l’Histoire où il est particulièrement important de rassembler la communauté et de proposer un modèle viable de communication : une base où pourront s’accomplir des choses inédites !

La machine à souhaits

La Machine à souhaits est un projet où l’on peut constamment collaborer et échanger, pour ainsi réduire le cloisonnement et accroître nos incidences collectives. Basée d’abord sur l’individu, elle se veut un outil de communication convivial qui contribuera à l’émergence d’écosystèmes sociaux en les informant, ces individus, de leurs souhaits (ainsi que de leurs projets) qui se répondent. L’algorithme, fondé sur la cohérence du langage naturel et l’intelligence des souhaits, est décrit plus en détails à divers endroits, dont :

  • (Très en détails) dans le Journal de bord d’un poète-ingénieur, que j’affectionne beaucoup : en particulier à partir de la page 209.
  • En passant, dans un article qui décrit le cadre pratico-pratique du projet tel que nous avons décidé de l’implémenter.

À l’entrée, chacun des souhaits doit donc simplement être formulé de différentes façons (par exemple, en plusieurs langues, ou en utilisant diverses tournures de phrase et synonymes) et être suivi d’exemples de souhaits qui y répondent, eux aussi formulés de différentes façons. 

On fournit ainsi à l’algorithme suffisamment d’information pour qu’il puisse, de déduction en déduction, apprendre à décortiquer les souhaits en morceaux qu’il recombine afin de mieux en mieux pouvoir trouver les souhaits qui se répondent avec à-propos.

Cueillette des souhaits : les volios

C’est une façon émergente de formuler ses souhaits. Une expérience de web sémantique émergent, c’est-à-dire un réseau de communication intelligent pour les personnes et par les personnes. 

Un vaste catalogue d’éléments communicationnels pourra ainsi émerger de nos communications.

Les participants sont invités à y rédiger leurs listes de souhaits (ou volios). L’ensemble des volios constitueront les souhaits dont la machine a besoin pour l’arrimage.

Ça va prendre beaucoup de souhaits avant que l’on puisse constater le plein potentiel de la machine.  Il y a certes un travail minutieux à faire du côté de la plateforme et ses interfaces, mais c’est du côté des données que se trouve l’intelligence communicationnelle de la machine.

Émergence !

Au départ, j’imaginais une cueillette d’infos plutôt linéaire (par des formulaires), mais pour naviguer dans ce vaisseau tramiciel, un mode « émergent » caractérisé par des transformations progressives et pertinentes semblait davantage de mise. Pensez à un écosystème intergalactique où un nombre infini de chemins mènent partout. — Partout !

Émergent veut aussi dire la construction de la société de l’individu « vers le haut », vers des couches plus complexes de la société. De nouveaux éléments de communication et de nouvelles façons de dire les choses apparaissent constamment de partout à travers le monde et sont assimilées sans problème par la machine, basée sur l’émergence.

Moi et Fred pensons qu’un médium social centré sur l’individu est utile pour naviguer et tisser la société (en un mot : tramer) — et ce, sans avoir à être submergé par des informations parfois non pertinentes (ex. : le fil de presse Facebook).

Nous croyons que nous pouvons faire émerger une société plus authentique avec cet état d’esprit. Si nous communiquons intelligemment nos besoins, nos ressources et nos souhaits, nous sommes en mesure de reconstruire notre société.

Donc nous voilà, alors que nous tentons de repenser une manière plus efficace d’utiliser les médias numériques, en nous invitant, nous les individus, à développer 1) une pleine conscience du jardinage spacio-temporel qu’impliquent nos actions et 2) des pratiques communicationnelles fonctionnelles. On est en pleine expérimentation. Et on a bien envie de feedback et de débats d’idées pour roder notre machine.

Vers un monde meilleur

Diversifiés, connectés et en constante évolution, les systèmes sociaux découlent des milliards de ruisseaux de la conversation globale. Tant qu’on a l’esprit, on peut créer, imaginer, rêver. Tant que nous pouvons communiquer et nous comprendre . . . nous pouvons — et nous ferons, insistait le poète Novalis — bien plus que nous comprendre. C’est toute une expérience que celle de vivre : séparés les uns des autres, dépendants les uns des autres, affectés les uns par les autres, nous ne sommes de ce fait jamais seuls. Notre mission est de renforcer nos liens via de meilleures communications et de meilleurs échanges, c’est-à-dire liés à nos désirs profonds et sans perdre de vue les nécessités et limites écologiques de l’environnement et de la planète.

*

Bienvenue aux suggestions et aux propositions d’alliances communicationnelles !  Si vous voulez participer au projet, écrivez-moi à florence@latramice.net.

Tramer avec mes tramarades en toute tramaraderie. C’est ça, le tramming pleinement tramiciel !

Tramicieusement vôtre, 

Florence

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