Le discours intérieur

Le discours intérieur
Mélanie Genest, Sans titre

Le discours intérieur

Qui de nous n’entend pas une ou des voix dans sa tête ?

Il est normal de se parler mentalement, nous le faisons tous, mais quand notre discours intérieur prend trop de place, quand il devient geignard, dénigrant, paranoïaque, haineux ou au contraire prétentieux, mégalomane et qu’il se fait obsédant, il peut entraîner de fâcheuses conséquences personnelles, relationnelles et même sociales.

Le discours intérieur, tel que je l’entends ici, c’est tout ce qui se dit entre nos deux oreilles. Il se distingue de la pensée rationnelle, en ce sens qu’il s’adresse à quelqu’un (soi-même, une autre personne, un groupe de personnes, voire un auditoire, une divinité), qu’il repose sur un système de valeurs, donc qu’il comporte une connotation morale et/ou affective, et qu’il se manifeste plus ou moins à notre insu, comme un fond sonore, et de façon souvent répétitive.

Il existe une infinité d’activités cérébrales, mais dans cet article, dont le sujet porte sur le discours intérieur, nous nous limiterons dans un premier temps à mettre ce dernier en parallèle avec la pensée rationnelle.

On pourrait dire, en simplifiant beaucoup, que la pensée rationnelle est intentionnelle, donc que sa finalité est préalablement définie, et qu’elle se veut objective. En voici quelques exemples :

  • lorsque nous pesons mentalement les pour et les contres avant de prendre une décision ;
  • lorsque nous lisons à voix basse, dans notre tête ;
  • quand nous mémorisons, quand nous réfléchissons, analysons ;
  • quand nous voulons résoudre un problème ;
  • quand nous composons un texte, une chanson, une pièce musicale, une bande dessinée, etc.
  • quand nous planifions un repas, un achat, une sortie, une rencontre ;
  • quand nous cherchons à nous rappeler quelque chose ;
  • lorsque nous nous préparons mentalement à répondre à un interlocuteur ;
  • quand nous évaluons quelque chose ou quelqu’un ;
  • quand nous nous dictons une ligne de conduite ;
  • quand nous sommes attentifs à ces événements-ci, ces expériences-ci, ces jugements-ci, ces pensées-ci, toutes choses qui existent et qu’il est « rationnel » de consciemment considérer, éventuellement formuler, communiquer, etc.

En ce qui concerne le discours intérieur, on pourrait dire qu’il est, pour sa part, subjectif, donc partial et émotif, et que chez certaines personnes il se fait entendre à longueur de jour. En voici quelques exemples, en soulignant que la prise de conscience de ces mécanismes est une bonne nouvelle, puisque la conscience a dès lors suppléé au mécanisme :

  • quand nous sommes en désaccord avec quelqu’un et que nous lui répliquons mentalement ;
  • quand nous mijotons une vengeance ;
  • quand nous poursuivons en solitaire une discussion commencée plus tôt avec un(e) ami(e) ou un(e) collègue ;
  • quand nous nous blâmons, nous culpabilisons ou, au contraire, nous congratulons ;
  • quand nous dialoguons intérieurement avec quelqu’un pour le plaindre, le blâmer, nous justifier, lui dicter une conduite, lui enseigner des choses, l’exhorter, l’encourager ;
  • quand nous nous comparons aux autres ;
  • chaque fois que nous ressassons le passé ou nous nous inquiétons pour le futur ;
  • lorsque nous commentons mentalement chacun de nos faits et gestes ou ceux des autres ou ce qui se passe autour de nous ;
  • quand nous ruminons nos problèmes et quand nous nous reprochons de ne pas savoir comment y faire face ;
  • quand nous jugeons indistinctement certaines personnes ou certains groupes de personnes parce qu’ils correspondent à des critères pourtant neutres en eux-mêmes et/ou quand nous entretenons des propos intérieurs arrogants, méprisants, haineux et/ou racistes à leur égard ;
  • quand nous invoquons machinalement nos morts ou une divinité quelconque, etc.

Contrairement à la pensée rationnelle, de nature plutôt neutre, le discours intérieur, qui résulte de nos conditionnements (éducation, expériences, croyances, préjugés, etc.), contient d’importantes charges émotives pouvant aller de l’extrêmement négatif à l’extrêmement positif en passant par toute la gamme de nuances entre les deux.

Il est donc facile de supposer (sans être médecin, psychologue ou devin) que ce verbiage incessant auquel l’esprit inattentif se livre d’instant en instant puisse colorer notre humeur et avoir ainsi de sérieux impacts sur notre motivation, nos agissements, notre performance, notre estime personnelle, nos relations… Et, en tels cas, surtout s’il est négatif, qu’il puisse causer de la souffrance psychologique*, se traduisant par du stress, de la fatigue mentale, une perte d’énergie, de l’anxiété, voire de la dépression et/ou des désordres physiologiques.

*Notons ici que la souffrance psychologique ne résulte pas de la présence de vrais soucis, mais de l’attitude que nous adoptons envers de « soi-disant » soucis et du discours intérieur que nous entretenons à leur sujet.

Voyons un peu comment fonctionne ce discours intérieur.

Que se passe-t-il entre nos deux oreilles ?

Depuis notre naissance, notre cerveau a accumulé une multitude d’informations : perceptions sensorielles reliées à des expériences vécues ou dont nous avons été témoins ; connaissances, idées et préjugés sur la vie, sur les autres et sur nous-même résultant de ces expériences ; concepts, connaissances générales, valeurs, croyances provenant de sources diverses et façonnant différents aspects de notre personne, notamment notre identité et le sentiment de notre valeur personnelle. Certaines de ces données, celles dont nous sommes conscients (qu’elles soient intégrées ou non), ont été stockées dans des régions relativement accessibles de notre cerveau ; d’autres ont été jetées pêle-mêle dans un immense fourre-tout d’où remontent parfois quelques réminiscences nous incitant à leur accorder quelque attention.

De plus, jour après jour, surviennent de nouvelles informations qu’il nous incombe de gérer. La tâche s’avère plus ou moins facile dépendamment de la nature de ces nouvelles données ; de la conscience que nous en avons ; de l’intérêt que nous leur accordons, de la motivation qu’elles suscitent ; du bouleversement qu’elles provoquent ; du temps dont nous disposons à leur consacrer ; de l’état physique, mental et affectif dans lequel nous sommes lorsqu’elles se présentent et, bien sûr, de l’ordre déjà établi dans notre tête.

Le discours intérieur, c’est la partie plus ou moins visible, plus ou moins accessible du mécanisme mis en place pour gérer et intégrer tout ce fouillis d’informations. C’est, en quelque sorte, le verbatim de l’ensemble des échanges internes que le gestionnaire de notre existence entretient avec l’extérieur et les conditionnements emmagasinés dans notre cerveau depuis notre enfance, pour tenter de concilier tout ce fatras avec notre moi intime. C’est ce qui, avec l’aide de la pensée rationnelle, oriente nos actions et façonne notre devenir. Son rôle, outre celui d’écrire le scénario et d’assurer la mise en scène de la pièce de théâtre dans laquelle joue le personnage que nous avons créé, consiste à sauvegarder l’image de ce dernier et à asseoir sa crédibilité.

Mais, plus nous portons attention à ce qui se dit entre nos oreilles, plus nous réalisons que nous ne sommes pas maître chez nous.

Le personnage qui nous tient lieu d’identité et qui vit notre vie est confronté à de sérieuses contraintes : conditions physiques et matérielles précaires ; statuts personnel, professionnel et social fluctuants ; ignorance de sa date de péremption et, même, de la raison ultime de son existence sur Terre. D’où son insécurité et, par conséquent, son extrême susceptibilité et sa grande réactivité face à la critique et devant toute remise en question. C’est en grande partie par l’entremise du discours intérieur qu’il tente, d’instant en instant, de rétablir son équilibre. Les efforts qu’il consacre à cet exercice occupent une large part de notre temps et épuisent notre énergie.

Malgré l’emprise qu’exerce sur nous ce verbiage incessant et malgré les effets souvent pernicieux auxquels il nous soumet — car aucune de nos réactions, aucun de nos états d’âme n’est isolé et indépendant de ce processus —, nous lui prêtons très peu d’attention. En fait, nous sommes tellement habitués à cette présence familière que nous la subissons comme une fatalité et que l’idée de la remettre en question ne nous effleure même pas l’esprit.

Pourtant, selon ce que découvrent de plus en plus certains chercheurs et professionnels de la santé mentale et ce qu’enseignent plusieurs maîtres spirituels depuis des temps immémoriaux, il est possible et même grandement souhaitable d’apprivoiser notre discours intérieur.

Comment apprivoiser le discours intérieur

Si on exclut l’approche pharmacologique et l’utilisation de psychotropes (deux domaines qui me sont étrangers), il existe deux grandes approches pour apprivoiser notre discours intérieur : l’approche psychologique et l’approche spirituelle. Bien que très différentes l’une de l’autre, ces deux approches me semblent complémentaires. Pour ma part, je les utilise toutes les deux, selon les situations dans lesquelles je me trouve.

L’approche psychologique concerne le moi public, la partie superficielle de notre être qui prend le devant de la scène, qui s’exprime, se manifeste, agit et qui souvent occulte notre nature profonde. C’est par le recours de la pensée rationnelle et de diverses techniques propres aux différentes écoles de pensée qu’elle tente de maîtriser le discours intérieur, en agissant principalement sur son contenu.

L’approche spirituelle s’adresse à l’être, c’est-à-dire à ce qui existe en nous sous l’ensemble des phénomènes constituant notre personnalité (notamment les pensées, croyances, sensations, sentiments, actions). Elle met l’accent sur la conscience d’être, ici et maintenant, et incite à nous investir complètement dans ce que nous faisons (si nous sommes en action) ou à porter attention à notre ressenti intérieur (si nous méditons), tout en observant à distance, sans y prendre part, notre discours intérieur.

On pourrait dire, en gros, que par l’approche psychologique on analyse le discours intérieur ; on en étudie le contenu ; on essaie d’en comprendre les causes (présentes et sous-jacentes), de détecter le moment où il se produit, en quelles circonstances ; on tente de le raisonner, de le maîtriser ou de l’apprivoiser, de l’adapter, le modifier. Dans l’approche spirituelle, on observe ce verbiage à distance, sans le prendre au sérieux, comme s’il s’agissait du babillage d’un enfant qui joue à être quelqu’un. On met plutôt l’accent sur ce qui existe en nous sous les apparences, sur ce flot énergétique qui anime chacun de nous et nous relie les uns aux autres. On s’y connecte en dirigeant notre attention vers nos perceptions corporelles (respiration, battements cardiaques, flux énergétique) plutôt que sur nos pensées. Ce qui nous permet de relativiser et de dédramatiser le discours intérieur, d’apaiser le corps et de vivre l’instant présent dans toute sa fraîcheur.

Dans l’une comme dans l’autre de ces approches, la première étape pour apprivoiser le discours intérieur consiste à prendre conscience de sa présence, c’est-à-dire à le surprendre en pleine action et à constater l’impact immédiat qu’il exerce sur nous.

Réflexions sur le discours intérieur et sur les manières connues de l’apprivoiser

Le discours intérieur n’est pas un ennemi à combattre, mais bien une composante de la personnalité humaine, soit un instrument de gestion et d’action, qu’il est utile de connaître et d’apprendre à utiliser.

Dans certaines techniques pour maîtriser le discours intérieur, on propose de changer le discours négatif (ou défavorable) par un discours positif (ou favorable). Selon moi, ce procédé ne fonctionne pas. Comment, en effet, essayer de se convaincre qu’on est beau, talentueux ou populaire, alors qu’en réalité on se sait très ordinaire dans chacune de ces sphères ? Ne serait-ce pas justement le fait de ne pas nous accepter tel que nous sommes, d’être confronté au désir ardent d’être autrement (afin de correspondre aux prétendus diktats sociaux), et la frustration ou la culpabilité de ne pas y parvenir, qui provoqueraient une grande partie de nos ruminations internes et les fâcheuses conséquences qui leur sont inhérentes ?

Ne nous leurrons pas sur nous-même : nous sommes tel que nous sommes et pas autrement. Au contraire, soyons conscients et vigilants. La perception juste de ce que nous sommes nous évite bien des errements et désagréments. Elle lève le voile sur notre réalité et nous permet d’y adhérer, en toute sérénité.

Aspects psychologiques et spirituels de la communication

N.B. Les propos tenus dans le présent article ne reposent sur aucune théorie en particulier, sauf la mienne. Ils reflètent les conclusions que j’ai tirées de mes vingt-cinq ans de pratique professionnelle en tant que psychologue et d’une longue pratique personnelle de la spiritualité telle que je la décris ici.

Chaque jour, chacun et chacune de nous entretient une relation avec lui- ou elle-même, communique avec des semblables et tisse des liens avec son entourage. La plupart du temps, cependant, nous n’en sommes pas pleinement conscients.

L’objectif principal de cette chronique, mettant aujourd’hui l’accent sur les aspects psychologiques et spirituels de la communication, vise à nous sensibiliser sur l’importance de demeurer attentifs à tout ce qui se passe en nous et autour de nous, si nous voulons réellement communiquer avec notre entourage et cultiver ainsi de belles relations qui enrichiront notre vie.

Par aspect psychologique, j’entends tout ce qui sous-tend, concerne et forge notre personnalité, c’est-à-dire les circonstances de notre naissance, le personnage qui nous tient lieu d’identité, ses attributs, les rôles qu’il joue et les comportements qu’il émet par l’entremise de l’ego* pour développer notre individualité et nous permettre de devenir « quelqu’un » (nos ambitions, intentions, perceptions, dispositions personnelles, notre psychisme, nos attitudes, sentiments, émotions, connaissances, croyances, valeurs, comportements) et les liens qu’il tisse et entretient avec son entourage, entre autres via le langage.

* Ego : constructions et perceptions mentales qui portent l’humain à se mettre au centre de tout.

Quant à l’aspect spirituel, il ne réfère pas, ici, à l’expression d’une quelconque religion qui aurait pour but de nous élever hors du monde matériel et de nos sens — niant l’ici-bas pour un au-delà —, mais plutôt à l’êtreté, c’est-à-dire au simple fait d’être là, en pleine conscience, dans l’immédiateté concrète de notre corps et de la réalité de ce qui nous entoure, mais sans identification à l’ego, donc sans mots, sans buts, sans calculs, sans jugements de valeur, sans à priori, dans l’aperception la plus complète de ce qui est et dans une grande compassion à l’égard d’autrui.

L’aspect psychologique correspond à l’horizontalité de notre personnage, lequel se démène au sein d’un espace-temps bien défini afin d’atteindre ses buts. L’aspect spirituel, lui, correspond à la verticalité, assimilable à un moment de grâce ou de plénitude où le temps s’arrête et se creuse pour créer un nouveau mouvement, intérieur — vertical —, provenant des profondeurs de notre être conscient d’être là.

Dans le présent article, j’aborderai globalement la communication — soulignerai son importance — et évoquerai quelques-unes de ses composantes, ainsi que certaines des difficultés qui lui sont inhérentes.

Pourquoi s’intéresser à la communication ?

Parce que la communication constitue un phénomène absolument fondamental du point de vue social et spirituel. Elle est le prétexte ou, si on préfère, l’ingrédient de base, le moteur et parfois même la finalité de nos relations.

Pour parler de la communication du point de vue psychologique (ou social), j’emploierai le terme « communication intentionnelle » et, pour traiter de la communication du point de vue spirituel, j’utiliserai indifféremment l’une ou l’autre des expressions suivantes : « communication directe » ou « communion ».

Sans communication intentionnelle, il n’y a pas de société possible, car sans échanges avec autrui, il n’y a pas de regroupements : pas d’affiliations politiques, culturelles, professionnelles ou sportives ; pas de rencontres amicales, amoureuses ; pas de vie familiale, pas d’argumentations, de négociations, de mises au point et de remises en question ; pas de prises de conscience, de mea culpa, d’accords ni d’ententes, donc pas de progrès personnels.

Sans communication directe, sans communion, il n’y a aucune chance de connaître l’amour inconditionnel (qui ne se vit qu’en l’absence de l’ego), d’éprouver de la compassion et de ressentir une joie durable. Sans communion, donc, impossible de faire l’unité avec soi, avec l’autre, avec le monde dans lequel nous vivons ni, à fortiori, avec l’univers, le cosmos !

Communiquer intentionnellement, que ce soit pour informer, sensibiliser, se distraire, exprimer ses sentiments, chercher à convaincre, à s’affirmer, à mieux se comprendre ou même pour converser tout simplement, est un acte quotidien qui implique au moins deux personnes (un émetteur et un récepteur), un message, un lieu et un lien (ou canal de transmission).

Communiquer directement, communier, peut se faire seul(e) (de soi à Soi*) ou avec d’autres, possiblement (et d’autant mieux) dans le plus grand silence. Seules sont requises : l’attention bienveillante, la présence (à soi et aux autres) et la conscience.

* Soi : le Soi avec une majuscule, c’est notre nature essentielle, qu’on peut aussi appelée Être, Essence, Présence, Âme…. C’est ce qui existe et veille sous notre personnalité.

Notons ici que la communication directe détruit la cloison entre les niveaux du psychologique et du spirituel, en ce sens que la communion entre deux êtres se vit sans ego, dans l’acceptation inconditionnelle de l’autre. Nous aurons l’occasion d’en reparler dans d’autres articles.

Toute communication, qu’elle soit intentionnelle ou directe, présente deux aspects : un contenu et une relation.

Ce qu’il y a de propre à la communication intentionnelle, c’est que notre message, en plus de transmettre de l’information, est motivé par une intention et induit un comportement.

La communication directe, elle, se fait spontanément, souvent en l’absence de mots, et sans viser de buts.

L’information (en ce qui concerne la communication intentionnelle) et l’amour (en ce qui concerne la communion) sont le contenu (le message), tandis que la manière dont nous transmettons ou recevons le message et les conditions dans lesquelles nous les transmettons constituent la relation.

La communication intentionnelle idéale a lieu entre personnes psychologiquement saines et bien intentionnées qui échangent adéquatement, dans des conditions optimales, sur un sujet précis, dans le but de trouver une solution, d’arriver à une entente ou d’améliorer la compréhension du sujet en question ou des personnes en présence.

La communion des êtres se produit spontanément, sans à priori.

La communication est un processus complexe

Bien communiquer, que ce soit socialement ou spirituellement, n’est pas toujours simple, même entre personnes bien intentionnées.

Les obstacles peuvent survenir

  • de l’émetteur,
  • du message,
  • des circonstances dans lesquelles il est transmis,
  • du receveur,
  • et de la relation entre l’émetteur et le receveur.

Notons ici que les obstacles à la communication directe procèdent d’un manque d’êtreté (défaut d’être là en toute conscience), donc d’un manque d’attention, d’un manque de lâcher-prise, d’un manque de simplicité ou d’un manque d’amour.

Limites des interlocuteurs (émetteur et receveur(s))

Lors d’une communication intentionnelle, les interlocuteurs, même s’ils sont bien intentionnés, peuvent présenter plusieurs lacunes ou traits de caractère nuisibles à une bonne communication.

Ces problèmes sont susceptibles de se retrouver autant chez l’émetteur que chez le(s) receveur(s).

Nous parlons ici de problèmes intrapersonnels.

Ces derniers peuvent être d’ordre

  • physique : indispositions, difficultés d’élocution, problèmes auditifs, sous l’effet de l’alcool, de narcotiques ou de stupéfiants, etc. ;
  • intellectuel : manque de connaissances, de vocabulaire, de jugement, etc. ;
  • culturel : présence de croyances, préjugés, racisme, etc. ;
  • psychologique : manque de confiance en soi, de flexibilité, d’ouverture, troubles anxieux, paranoïdes, dépressifs, mégalomanie, névrose, etc.

En ce qui concerne la communion, les difficultés viennent toujours de l’incapacité de l’un ou de l’autre des interlocuteurs de vivre pleinement l’instant présent sans à priori.

Problèmes provenant du message

Le message peut susciter peu d’intérêt chez l’un ou l’autre des interlocuteurs, il peut manquer de clarté, de pertinence, de transparence, être biaisé, incomplet, partisan, trop long, mal défini, etc.

En ce qui concerne la communication directe, il peut y avoir absence de message, c’est-à-dire absence d’amour.

Problèmes provenant des circonstances dans lesquelles est transmis le message :

Le moment ou le lieu de l’échange peuvent être inadéquats, le temps alloué trop court, l’acoustique peut être mauvaise, il peut y avoir présence de bruits ou d’éléments perturbateurs, etc.

Problèmes relatifs à la relation entre l’émetteur et le(s) receveur(s)

Il s’agit ici de problèmes interpersonnels.

Les empêchements interpersonnels peuvent correspondre à des différences de point de vue, à des antipathies naturelles ou au contraire à une trop forte attirance ; ou encore à des circonstances défavorables : existence, entre les interlocuteurs eux-mêmes ou entre des membres de leur famille ou de leurs amis, de souvenirs ou de traumas dus à des expériences antérieures désagréables ou à des luttes de pouvoir. Les empêchements interpersonnels peuvent aussi résulter de la mauvaise foi de l’un ou l’autre des interlocuteurs, de leur manque de réceptivité, d’empathie, d’ouverture, d’amour, de conscience.

La conscience constitue, selon moi, le ferment essentiel de toute vraie communication.

Nous avons ici tracé les grandes lignes des communications intentionnelle et directe. Dans d’autres articles, nous étudierons plus à fond certains aspects de l’une ou de l’autre de ces formes de communications.