Les carnets de reconnaissance

Les carnets de reconnaissance

Un outil de fluidification des échanges

~ dernière révision : 2024-06-26 ~

Résumé

Les carnets de reconnaissance — semblables à ceux utilisés au sein du JEU (jardin d’échange universel) — sont un outil qui vise à faciliter les échanges par une comptabilité décentralisée, laquelle permettra :

  • de s’informer sur son équilibre « donner-recevoir » au sein de la collectivité
  • de pouvoir échanger ses HOPs (heures¹ d’ouvrage par personne) accumulés contre des biens ou des services avec d’autres utilisateurs des carnets
  • d’asseoir la devise (HOP) sur la transparence et la supervision entre pairs
  • de démarrer plus facilement des projets

1. Une heure d’ouvrage fatigante qui demandera de se reposer une heure ensuite pourra par exemple être comptée jusqu’à 2 HOPs l’heure. Si personne ne veut faire un ouvrage, ou si une tâche est éminemment désagréable mais néanmoins nécessaire, on pourrait aller jusqu’à un taux de 3 HOPs l’heure, ou plus. L’heure constitue l’unité, la mesure de base — par rapport à laquelle évaluer les exceptions !  Certaines choses non nécessaires sont néanmoins proprement inestimables.

Raison d’être des
carnets de reconnaissance

Astuce : la présente présentation des carnets de reconnais­sance peut servir d’introduction pour des gens à qui vous aimeriez faire connaître le con­­cept. ― Laissez-en don’ traîner un en évidence pen­dant que vous faites attendre vos invités au salon !

Les carnets de reconnaissance sont conçus pour tenir une comptabili­té interindivi­duelle dé­centralisée per­mettant de s’informer sur son équilibre « donner-recevoir » au sein de la collectivité, et ainsi d’y fluidifier les échanges en rem­plaçant avantageusement l’argent. En effet, il ne coûte rien de comptabiliser un tel équilibre — alors que l’argent, loin d’être l’instrument de me­sure qu’il de­vrait être, au contraire crée artificiel­lement la dis­parité en excès et en ra­reté. Il serait pourtant absurde de manquer de centimètres pour faire toutes les mesures que nous voudrions faire au cou­rant de la journée, non ?

Leur particularité est d’être jumelés à La Trame Étoilée, un mouve­ment d’entraide par et pour les personnes où nous nous dotons d’outils et de pra­tiques individuelles et co-individuelles, tels les cercles de souhaits et les carnets de reconnais­sance afin de la tisser à l’endroit, cette trame étoi­lée de nos aspirations, et de la tramer ferme, en ourdissant, puis partageant nos souhaits aux con­stellations de nos semblables en humanité.

Chaque constellation locale, dépendamment de la volonté des individus qui l’habitent, investira ses énergies là où sont les intérêts et là où sont les investissements : ce qu’on veut vraiment faire, et voir faire, on va le faire et on va pouvoir encourager et recon­naître ce tra­vail comme il le mérite.

Le concept se veut facilement reproductible dans toutes les localités, tous les quartiers où des gens ont envie de tramer un brin, c’est-à-dire tisser avec d’autres humains un bout de trame étoilée.

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LaTramice.net/La-Trame-Étoilée

Fonctionnement du carnet

Les carnets de reconnaissance sont utilisés pour comptabiliser des échanges entre porteur.se.s de tels carnets (ci-après : participants) dans des billets de re­connaissance. Les échanges sont éva­lués en HOPs, c’est-à-dire en heures d’ou­vrage par personne.

Une heure d’ouvrage fatigante qui demandera de se reposer une heure supplémentaire ensuite pourra par exemple être comptée 2 HOPs l’heure. Si per­sonne ne veut faire un ouvrage, ou si une tâche est éminemment désagréable mais néan­moins néces­saire, on pourrait aller jusqu’à un taux de 3 HOPs l’heure, ou même plus. L’heure, universelle, constitue l’unité, la mesure de base ― par rapport à laquelle évaluer les exceptions ! Cer­taines choses, même non nécessaires, sont parfois néan­moins proprement inestimables.

Dans l’optique où ces carnets se veulent des instruments de mesure de nos activités et de nos échanges, et afin de ne pas dénaturer cette belle idée, il vous est demandé de NE PAS les utiliser pour faire des prêts ― encore moins avec usure ! ― ; cela aurait-il d’ailleurs du sens de devoir emprunter des centimètres pour pouvoir faire toutes les me­sures que nous voulons faire au cours de la journée ? De devoir en remettre davantage ?

Chaque achat en HOPs qui nous amène sous zéro constitue par ailleurs une sorte de promesse de remettre à la collectivité. Les carnets de reconnais­sance peuvent au fond être vus comme un moyen pour soi de s’assurer qu’on a donné, disons au cours d’une année, à peu près autant qu’on a reçu. De même qu’un carnet dont l’équilibre (solde) irait toujours de plus en plus dans le négatif sans guère remonter se­rait l’indice d’un déséquilibre, de même un carnet dont l’équilibre croîtrait et ne re­descendrait pas assez serait une entrave à la bonne circulation de l’énergie dans la collectivité ; autre­ment dit, les comptes en souf­france ne pourront jamais remonter si les gens « en moyens » n’uti­lisent pas as­sez leurs HOPs.

Les participants peuvent transiger comme bon leur semble, par troc ou volontariat, et même s’ils décident de ne pas tran­siger en HOPs, ils peuvent décider de l’inscrire tout de même à leurs carnets de reconnaissance avec un zéro HOP symbolique ; pour la même raison qu’ancienne­ment on écrivait des lettres de recommandation. Cependant, c’est « en un mot » et dans leur propre carnet, dans la case entre astérisques (*_______*), que les participants sont invités à donner leur appréciation de chaque échange. Soyez imaginatifs !

Notez bien que ces inscriptions, comme toute inscription faite au carnet, seront, pour ainsi dire, de notoriété publique, puisque ces carnets seront destinés à passer entre plusieurs mains et que des photos pourront aussi être prises et circuler. Alors, son­gez bien à ce que vous y écrirez !

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Cette culture de la transparence est une chose qui a été présentée comme indésirable et même dange­reuse par une société de contrôle centrali­sée. En misant sur la transparence, le contrôle est d’office décentralisé et plus relaxe ― du moins, on l’es­père ― mais demande tout de même la « nonchalante supervision » des carnets et activités entre pairs. Le seul fait que les carnets sont ainsi des livres ouverts lors des échanges devrait décou­rager les tentatives de fraude.

Nous nous lançons également dans des activités qui ne sont pas supervisées par un État qui voit tout, mais entre nous et par nous. Avant de se lancer à l’aventure, il est bon de prendre des précautions. On peut, par exemple demander des références à quelqu’un si on ne veut pas trop tenter sa chance à l’aveuglette ; lui demander son numéro de téléphone et l’appeler ; venir accompagné.e lors d’une première rencontre ; dire d’avance à quel­qu’un qui on va voir — et dénoncer au cercle (ou à quelqu’un qui va au cercle) toute violence, vol ou tromperie dont nous aurions pu être victime.

*

On peut tenir un carnet pour soi, mais aussi pour chacune de ses entreprises. En effet, il est sain qu’une entreprise ayant sa propre autonomie (désirabilité, pro­messe de rentabilité) ait ses propres be­soins, ses propres promesses, son propre roule­ment, sa propre vie, quoi. Un car­net pourra donc être tenu pour un collectif. On mettra alors le nom de ce collectif sur la page cou­verture ainsi qu’une adresse cou­rrielle propre à ce collectif.

Que ce soit pour un carnet collectif, indivi­duel, ou pour l’un de nos projets prometteurs, un carnet unique doit être identifié de façon unique, c’est-à-dire avec une adresse courrielle complète et un numéro séquentiel — le premier carnet étant nu­méroté 1, le deuxième 2 et ainsi de suite, au fur et à me­sure que les carnets se remplissent.

Chaque carnet contient 64 billets de reconnaiss­ance, à raison de 2 par page.

Anatomie d’un
billet de reconnaissance

Immédiatement sous les mots « Billet de reconnaissance pour . . . », il y a deux « bou­tons ra­dio » (« ○ ») ; le pre­mier (vis-à-vis le mot « moi ») doit être coché si vous êtes la per­sonne pres­tataire du bien ou du service ; le se­cond (vis-à-vis l’encadré entre « ▖» commen­çant par la case inti­tulée « adresse.courielle@de.l.autre ») doit être coché si vous en êtes le ou la bénéficiaire. Dans les deux cas, l’adresse cour­rielle de l’autre personne doit être inscrite dans cette case.

Sous cette case, dans l’encadré, il y a une case nommée « #carnet ». Le numéro du carnet de re­connaissance de l’autre personne sera inscrit dans cette case ; et celui du billet de ce carnet dans lequel cette autre personne inscrit la transaction dans la case nommée « #billet ». (Le numéro du billet dans le carnet se trouve dans le coin supérieur droit de chaque billet, entre tildes « ~ ».) De part et d’autre, inscrivez le nom de cette personne et le nouvel équi­libre de son carnet après calcul (voir ci-bas).

N’oubliez pas : votre adresse courrielle — ou celle d’une entreprise dont vous êtes responsable — doit se trouver au bas de chaque page de billets de chaque carnet.

La case marquée « . . . relativement à » sert simplement à indiquer la nature de la transaction. Par exemple, si je crée une reconnais­sance envers toi pour avoir reçu de toi deux heures d’aide dans mon jardin, cette case pour­ra contenir, par exemple, « aide au jardin » ou encore « jardinage ».

La case intitulée « équilibre » sert à conser­ver votre somme courante (ou solde). Un équi­libre peut très bien se situer dans les nombres négatifs, ce n’est pas un problème. On vou­dra néanmoins, afin de donner à la collecti­vité au moins autant qu’on a reçu, tenter d’atteindre en moyenne un équilibre oscillant autour de zéro. ― On peut aussi très bien refuser une transaction si l’on trouve qu’il y a abus ou si simplement on n’en a pas envie. Peut-être aider l’autre à regagner quelques HOPs ?

Inscrivez également la date à laquelle se fait la transaction dans la case prévue à cet effet. Le format est AAAA-MM-JJ (an­née-mois-jour).

Les cases restantes sont expliquées ci-après.

Une comptabilité
simplis­sime

Après un échange (que vous désirez comptabiliser, bien sûr), s’ils se trouvent en présence, chaque participant.e prête momentanément son car­net à l’autre afin qu’on puisse en profiter pour les feuilleter ― et même en prendre des photos si désiré ―, puis y inscrire (ou sinon, à distance, dans le sien propre), dans le prochain billet libre, toutes les don­nées relatives à la transact­ion.

Chaque participant.e vérifie alors que tout a été bien inscrit dans son carnet. En cas de transaction à distance ― si les deux parties sont d’accord, évidemment ―, vous pouvez vous envoyer des photos de vos pages de carnets ― la page en­tière, de sorte qu’on voie, peut-être, d’autres transactions, mais sur­tout : l’adresse courrielle inscrite au bas de chaque page, unique à vous ou à une de vos entreprises dans La Trame Étoilée.

Si c’est vous qui avez fourni le bien ou le service, ins­crivez la quantité de HOPs de la transac­tion dans la case vis-à-vis, à droite, après le signe « plus » (« + »).

Si c’est vous qui avez bénéficié du bien ou du service, veuillez plutôt inscrire la quantité de HOPs de la tran­saction dans la case vis-à-vis, à droite, après le signe « moins » (« – »).

Ce sera à chaque participant.e de cal­culer son nouveau « solde » (ou « équilibre ») en addition­nant ou sous­trayant le montant de la transaction à son an­cien équilibre (à moins qu’il ne s’agisse de votre tout pre­mier billet de reconnaissance, au­quel cas on calculera à partir de zéro), et à l’inscrire dans la case marquée « équilibre ».

N’oubliez pas : utilisez toujours un stylo à l’encre indélébile pour faire vos inscriptions dans votre carnet.

En cas d’erreur sur un billet, barrez-le d’un gros , puis recommencez sur un autre billet.

Utilisation du carnet
pour les entreprises

Rappelez-vous : vous pouvez également tenir des carnets pour vos entre­prises. Qu’elles soient à l’état de projet ou de service bien éta­bli dans la collectivité, il est de bon ton d’offrir et de deman­der des encouragements en HOPs ou en volontariat.

Inscrivez seulement le nom de l’entreprise sur la page couverture du carnet qui lui est dé­dié, puis, sous l’adresse cour­rielle de l’entreprise, inscrivez votre nom en tant que personne respon­sable (de l’entreprise) ; procé­dez sinon exactement comme expliqué ci-des­sus pour la comp­tabilité des billets de reconnaissance, en tenant compte que les cases qui feront référence à votre entreprise devront contenir une adresse cour­rielle exclusive à celle-ci.

Parlez-en aux cercles de souhaits !
Nos entreprises elles aussi ont leurs souhaits.

~ Encourageons-les ! ~

La vitalité d’une collectivité se mesure
à la quantité et à la qualité de ses échanges et de ses partages,
pas à la somme de ses comptes en banques.

D’ailleurs, la somme totale des équilibres
de tous les carnets est toujours zéro.

Contrairement à l’argent, qui est devenu instrument de mesure, le HOP, lui, est pensé comme un véritable ins­trument de mesure ; non pas pour sa précision (la mesure est indicative, subjective et sujette à négociation), mais pour sa convivialité.

Le fait que cette unité d’échange soit associée à La Trame Étoilée, un réseau de réseaux de gens qui prennent le temps de se rencontrer (et de réseauter davantage !) ; le fait qu’elle soit transpar­ente et donc contre-vérifiable par les pairs ; le fait qu’elle soit un outil indivi­duel, qui ne dé­pend pas d’un organisme central, ni de taux de change variables, mais d’un uni­versel : le temps ― tout cela contri­bue à sa fiabilité et à son utilité, et donc à la confiance qu’on peut avoir en elle

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Éditions@LaTramice.net

Si vous désirez imprimer vous-même des carnets, voici les documents nécessaires. Il vous faudra découper, plier et brocher dans le bon ordre tous les feuillets.

  1. Couverture (2 par feuilles de papier cartonné, portrait, recto-verso, retourner sur le bord long)
  2. Présentation (portrait, recto-verso, retourner sur le bord long)
  3. Billets (paysage, recto-verso, retourner sur le bord long)

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Ou commandez-en
via notre boutique tramicielle.

~ Volios ~

~ Types de souhaits ~

Besoins (de toute nature : sociale, psychologique, physique . . .), désirs (profonds ou superficiels), offres (de biens, de services, de talents, d’expertise, de matériaux, de temps, d’aide, d’espace, de transport . . .), échanges (en argent, HOPs, troc . . .), dons, partages (d’expériences, d’inté­rêts, de connaissances . . .), prêts et emprunts (d’outils, de livres . . .), entreprises (description, offres besoins ; ex. : trouver des partenaires . . .), activités (sportives, litté­raires, ludiques, danse . . .), circuits, voyages (recomman­dations, itinéraire, régularité, capacité de transporter, recherche de moyens de transport), localisation (coordon­nées, rayon d’action), horaire, disponibilités (pour quelles activités spécifiques ou quels types d’activité : physique, intellectuelle . . .), langues (parlées, écrites, capacité de traduire) . . .

Exemples concrets,
services sous la main

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• ramassage et retapage de meubles, vaisselle (…) laissés sur le trottoir ou à l’entrée des ruelles (attention aux punaises de lit !)
• préparation de repas, cuisine collective . . .
• livraison, service de messagerie (à vélo, à pied …)
• jardinage, arrosage, compostage . . .
• bricolage, rénovations, menuiserie . . .
• accès à des outils, des ateliers :
      ◦ ébénisterie, mécanique, électronique . . .
• programmation, bidouillage . . .
• bibliothèques, collections de disques . . .
• cercles de discussion, jeu des idées . . .
• plonge, ménage, gardiennage . . .
• impression, publication, rédaction . . .
• dessin, chant, sculpture . . . tous les arts !
et cætera
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un mouvement d’en­traide
complète­ment décentralisé

Organisons des cercles de souhaits dans nos quartiers, écrivons nos vo­lios (nos listes de souhaits ; besoins, offres, intérêts, messages) — les nôtres et ceux de nos entreprises) et distribuons-les intelligemment entre nous, de même qu’une lettre invitant les gens à faire de même — Foire aux Questions et modèle de lettre (entre autres) dispo­nibles ici :

LaTramice.net/La-Trame-Étoilée

Ces pratiques, combinées à celle des carnets de re­connaissance, ont le potentiel de créer un sys­tème économique fondé sur l’intelligence collec­tive, l’at­tention et la bienveillance pour créer un monde qui nous res­semble.

Qu’advien­drait-il donc si nous commencions à prendre la commu­nication, le réseautage et nos rêves eux-mêmes quelque peu au sérieux ?