La Trame Étoilée

La machine à souhaits 3.0, c’est nous !

Fort bien, nous ferons donc sans les algorithmes !

Sur de petits ensembles, nous pouvons d’ailleurs personnellement faire de nous-mêmes des machines à souhaits très performantes et qui produisent naturellement, les unes pour les autres, le carburant qui leur est nécessaire — c’est-à-dire nos souhaits, ce qui nous anime.

Et s’il suffisait d’une toute petite lettre-initiative virale (ci-dessous) à envoyer à son réseau significatif pour que tout refleurisse à nouveau ?

Une inspiration . . . — Peut-être que ça va marcher ???


Objet : Souhaites-tu participer à un mouvement d’entraide affinitaire et complètement décentralisé ?

La Trame Étoilée

et ses

Carnets de reconnaissance

Salut !

Si je t’envoie ceci, c’est dans le souhait d’optimiser l’intelligence collective et la bienveillance dans mon réseau et, par propagation, dans les réseaux d’autres personnes de bonne volonté, réseaux étoilés où peut se tisser, en les connectant — ou simplement en explorant leurs sentiers —, un monde qui nous ressemble.

Il ne s’agit nullement ici de devenir des rouages dans une machine plus grande. (Il n’y a pas de telle machine, ou bien alors — c’est l’univers lui-même !)  Ici, il n’y a que nous, petites personnes qui poursuivons nos rêves — et qui, dans la bienveillance et l’attention, aidons les gens de notre entourage à poursuivre les leurs. Il n’y a que nous qui tissons, ensemble et séparément, un monde divers et uni. Bien à nos souhaits.

La réponse habituelle passe par le collectif : constituer une équipe, faire un wiki, ou encore une base de donnée où recueillir les souhaits, un vaste réservoir de souhaits !  Il existe déjà, entre autres groupes d’échange, de nombreux groupes JEU (jardin d’échange universel) et des SELs (systèmes d’échange locaux) un peu partout qui centralisent les souhaits locaux sur des sites web et qui organisent des rencontres locales d’échange. Il existe également déjà des pages de ce genre un peu partout sur les médias sociaux.

Ce qui est très bien !  Découvrir ses voisins, ses concitoyens, ainsi que les ressources locales, c’est essentiel pour le B-A-BA du vivre ensemble. S’il n’y a pas de tels cercles locaux ou affinitaires dans ton environnement, je t’encourage à en manifester. Un simple cercle de parole où chacun chacune a un temps de parole pour exposer aux autres ses besoins et ses offres, ses intérêts et ses projets (qui ont eux aussi leurs besoins et leurs offres) — ça peut faire une belle différence !

Le but de la présente approche est de venir compléter les pratiques essentiellement communautaires par des pratiques individuelles (et co-individuelles, comme les cercles de parole) qui, additionnées et multipliées ensemble, peuvent dépasser n’importe quel modèle pré-établi, dans un mouvement grandissant d’autonomie émergente.

Je te propose ici une pratique qui a le potentiel de créer un système économique simple reposant entièrement entre nos mains. Il s’agit d’abord d’envoyer une lettre similaire à celle-ci dans ton réseau significatif en l’accompagnant, toi aussi, de tes volios, c’est-à-dire de tes listes de souhaits (une liste personnelle, et une pour chacun de tes projets).

(Note : Il vaut mieux, pour ces volios, utiliser un format universel, tel .txt ou .rtf afin d’en assurer la lisibilité sur tous les éditeurs de texte.)

Je te prie d’ailleurs de bien vouloir conserver mes volios (ci-joints) avec ceux des autres participants dans un dossier dédié. (Rappelle-toi qu’on peut souhaiter offrir autant que partager ou recevoir !)

Alternativement, tu peux faire comme moi et mettre tes souhaits sur une page web. Plusieurs plateformes permettent de le faire sans frais. Les médias sociaux peuvent aussi servir de plateforme. Suggestions : utiliser les mots-clics (hashtags) #latrameetoilee ou #thefabricofwishes si désiré.

*

Apparier les souhaits pour mettre des gens en contact, nous le faisons déjà tous plus ou moins « Ah !, je connais quelqu’un que tu aurais intérêt à rencontrer ! » — mais combien d’occasions d’entraide et d’échange sont perdues, négligées, par simple défaut de communication ? — Et qu’adviendrait-il donc si nous commencions à prendre la communication, le réseautage et nos rêves eux-mêmes quelque peu au sérieux ?

Idées de sortes de souhaits

Besoins (de toute nature : sociale, psychologique, physique . . .), désirs (profonds ou superficiels, affectifs ou matériels), offres (de biens, de services, de talents, d’expertise, de matériaux, de temps, d’aide, d’espace, de transport . . .), échanges (en argent, HOPs, troc . . .), dons, partages (d’expériences, d’intérêts, de connaissances . . .), prêts et emprunts (d’outils, de livres . . .), projets (descriptions, personnels, collectifs, trouver des partenaires . . .), activités (sportives, littéraires, ludiques, danse . . .), circuits, voyages (recommandations, itinéraire, régularité, capacité de transporter, recherche de moyens de transport), localisation (coordonnées, rayon d’action), horaire, disponibilités (pour quelles activités spécifiques ou quels types d’activité : physique, intellectuelle . . .), langues (parlées, écrites, capacité de traduire).

*

Si la pratique se répand — et pourquoi ne se répandrait-elle pas ? —, les listes de souhaits de nos amis — et celles des amis de nos amis — pleuvront dans nos boîtes courrielles et nous serons ainsi mieux que jamais en mesure de nous entraider et de réseauter efficacement. Évidemment, il faut y mettre un peu d’attention et d’efforts mémoriels. Libre à nous de créer ou d’utiliser des bases de données et des outils de recherche, mais le but de cette lettre est avant tout que l’information circule et que nous en prenions acte.

Et pourquoi ne pas imprimer ces listes de souhaits pour les conserver dans des cartables de volios, des « bottins de souhaits » — qu’il pourra être très pratique d’avoir sous la main, entre autres dans les occasions sociales ?

*

Je te partage également un outil qui permet de fluidifier les échanges et de faciliter le démarrage d’entreprises : le Carnet de reconnaissance.  Tu peux en télécharger les pages ici (https://latramice.net/2020/08/les-carnets-de-reconnaissance), puis les découper, les imprimer, les plier et les brocher — ou encore en acheter tout faits ici, sur LaTramice.net¹ . 

  1. Journal en ligne fondé par l’initiateur de la présente lettre et voué à l’avènement d’une ère communicationnelle digne de ce nom !

Ces carnets sont conçus pour y tenir une comptabilité décentralisée permettant de s’informer sur son équilibre « donner-recevoir » au sein de la collectivité, et ainsi de remplacer avantageusement la monnaie.

Le fait que ce moyen d’échange soit associé à La Trame Étoilée, un réseau de réseaux de gens significatifs, le fait qu’il soit transparent et donc contre-vérifiable par les pairs, le fait qu’il soit un outil individuel et objectif qui ne dépend pas d’un organisme central ou de taux de change, cela contribue à sa fiabilité et donc à la confiance qu’on aura en lui ; deux ingrédients essentiels en matière de transaction. La valeur d’une devise repose essentiellement sur le fait qu’elle soit reconnue.

L’argent devrait être un simple instrument de mesure
et sa rareté est un non-sens créé artificiellement.
Il serait ab­surde de manquer de centimètres
pour faire toutes les mesures que nous voulons faire
au courant de la jour­née, n’est-ce pas ?

On peut tenir un carnet pour soi et pour chacun de ses projets (potentiellement un carnet collectif). Tous les détails sur la page des carnets mentionnée ci-haut.

*

L’idée est de venir compléter les systèmes centralisés (tels le JEU — https://jardindechangeuniversel.wordpress.com ; renseigne-toi s’il y a un groupe JEU dans ta localité !) en invitant les individus à être, chacun chacune, à petite échelle, également, un tel centre pour les personnes de leurs réseaux.

Un collectivisme par trop exclusif érodera l’individualité ou entrera en opposition avec elle — de même, à l’inverse, un individualisme complètement déconnecté de la société où il vit érodera cette dernière. 

Mais un juste équilibre entre ces aspects essentiels de la vie humaine est peut-être atteignable par une sorte de judo d’autonomisation universelle empreinte de spécialisation organique qui viendrait assumer localement différentes fonctions au sein de la trame étoilée de nos désirs (tenue de cartable, de base de données, de babillard, de local, de cercle de parole, de boîte à souhaits ; gentille extirpation de souhaits auprès de ses amis, distribution de cette lettre sous forme de dépliant ; circuit, entreposage, transport, talents, outils, etc.) qui, organiquement, créeront un grand corps d’entraide entre les êtres, une danse plus qu’un corps, un jam plus qu’un orchestre, une ouverture et un partage plus qu’un collectif.

Qu’est-ce que ça nous coûte d’essayer ?

*

Outre les frais de télécommunications, d’impression et peut-être l’achat de carnets de reconnaissance ou d’un cartable pour nos bottins de souhaits, l’encre de nos stylos . . . (!) — cette solution est entièrement gratuite !

Mais songe à la richesse
qu’elle peut révéler et mettre en action
dans nos multiples interactions,
à petites et plus grandes échelles !

Nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin de nous organiser efficacement pour construire et tisser ensemble ce monde convivial et multicolore que nous désirons. C’est pas si compliqué, au fond.

Il suffit de nous communiquer intelligemment ce qui compte.

Et si on s’y mettait ?

Frédo²

réf.: https://latramice.net/2021/09/la-trame-etoilee

2. Ton nom ici.

 


~ Mes volios ~


VOLIO – Fred Lemire.rtf

INFOS :

nom // name : Fred Mir // Frédéric Lemire // Fred Lemire // Frédo

email // courriel : fredofromstart@gmail.com

langues // languages : français, English

alimentation // diet : végétalienne // vegan

code postal // postal code : H2W 2M4

rayon d’action // range : 3 km

 

OFFRES // OFFERS :

dessin // illustration // drawing (https://www.facebook.com/media/set/?set=a.4793975637&type=3)

illustrer un texte sérieux avec des illustrations humoristiques // funny illustrations

révision de texte en français // spell checking in French

traduction de l’anglais au français // translation from English to French

enseigner le français // to teach French

inventer des jeux de mots, des acronymes // to invent wordplays, acronyms

 

DEMANDES // DEMANDS :

des pantoufles tricotées // knitted slippers

recevoir des massages // to receive massages

participer à des ateliers d’expérimentations énergétiques // to participate in energetic experimenta­tion workshops

a device that records everything and stores sound bites in files on demand // un dispositif qui enregistre tout et qui, sur demande, store des extraits sonores dans des fichiers

pantalons de corduroi, taille 31-32

aimerais connaître des itinéraires bucoliques au Québec

 

INTÉRÊTS // INTERESTS :

rassemblements de la famille Arc-en-ciel // Rainbow Ga­therings

débats philosophiques // philosophical debates

programming // programmation

trouver des gens avec qui jouer au go // to find people with whom to play go

trouver partenaire(s) dans la conception et la réalisation de bé­dés, cartoon strips, mèmes // to find partner(s) for thin­king up and realizing comic books, cartoon strips, memes

 


VOLIO – La Tramice, journal de l’ère communicationnelle.rtf

Offres :

La Tramice, journal de l’ère communicationnelle, se veut une plateforme conviviale où tenir une conversation constructive sur les rôles que la com­munication peut et doit jouer dans notre monde en transition.

Demandes :

Des articles !  Évidemment, la communication doit être à l’hon­neur dans chaque article ou autre contenu, lesquels doivent être signés (pseudonymes acceptés) et avoir un titre. — Tous les détails ici.

Le journal cherche aussi à agrandir son équipe.


VOLIO – Journal de bord d’un poète-ingénieur.rtf

Mon recueil, un méli-mélo (essais, pensées, humour, philosophie, petites histoires) dessinant en mosaïque la vision que je porte, depuis un quart de siècle, d’une ère communicationnelle digne de ce nom, est intégralement disponible en ligne : 

La machine à souhaits

journal de bord d’un poète-ingénieur

(https://latramice.net/2019/05/la-machine-a-souhaits-journal-de-bord)

Une version imprimée peut être commandée.

Je suis disponible pour présenter mon livre à des groupes qui m’en font la demande. Si en plus vous me promettez de le laisser dans le local étudiant de votre département (ou de celui d’un de vos camarades), je vous donne un exemplaire gratuit.

Invitez-moi ! — Fred.Lemire@LaTramice.net

 


VOLIO – Le jeu des idées.rtf

Je suis à inventer un jeu pour visualiser les conversations.

Besoins :

dessus de table rond (1 mètre de diamètre ou plus) en mélamine noire

jetons blancs en plastique d’un pouce de diamètre (max 3 cm)

antennes de postes radio rétractables

coquilles Kinder (le petit « œuf » jaune en plastique)

 

Offres :

aide visuelle au brainstorming (seul.e ou en groupe)

une occasion en or de . . .

« mettre toutes les idées sur la table »

donner aux idées et à leur interrelations toute l’attention qu’elles méritent

socialiser autour de choses qui nous intéressent

sentir toute la puissance et la jouissance des notations à la craie

littéralement faire table rase à l’occasion

voir ensemble, se comprendre mieux

 


VOLIO – Communauté.rtf

Voici ce que je souhaite trouver dans ma communauté :

de l’air pur, de l’humour, de la philosophie // clean air, humor, philosophy

des cercles de paroles réguliers // regular talking circles

des repas en commun // common meals

si en ville (Montréal) :

une rue tranquille et boisée au nord ou à l’est du Mont-Royal, c’est-à-dire : Plateau, Mile-End, Ro­semont, Petite-Patrie, Outremont

si en campagne :

de la forêt à proximité, des arbres, des ruisseaux, un feu de camp, des étoiles, si possible un étang, un lac, des vallons et des collines, une gare de chemin-de-fer menant à la ville // forest nearby, trees, brooks, a campfire, stars, a pond if possible, a lake, valleys and hills, a train station leading to the City

une belle cour arrière avec jardin et dans le jardin, une fontaine et un bassin // a beautiful backyard with a gar­den, and in the garden, a fountain and a little pond

une table d’écriture située sous les frondaisons de grands arbres // a writing table located under the canopy of tall trees

des amis, de bonnes conversations, de bons livres // friends, good conversations, good books

de la permaculture // permaculture

beaucoup de place pour l’art et la contemplation // much room for art and contemplation

de l’artisanat // craft

un grand calme propice à l’écriture // a great calm fit for writing

une pièce de vie et de création multi-fonction : biblio­thèque, coussins, instruments de musique, table à dessin, espace pour danser, faire du yoga, etc. // a creative and multi-function living-room

une épicerie et une bibliothèque à proximité // a grocery store and a library nearby

 


VOLIO – Pavillon d’écriture.rtf

Je désire me construire un petit pavillon vitré transportable avec beaucoup d’espace de bureau. L’idée est qu’il entre tout juste dans une remorque standard lorsque vient le temps de le transporter. La base sera donc rectangulaire, mais le haut sera en hexagone et débordera sur les côtés. J’aimerais que le toit ait un style pagode, mais qu’il soit vitré lui aussi. Chaque fenêtre pourra être bloquée par un panneau isolant noir d’un côté et argenté de l’autre. Les panneaux seront mis côté réfléchissant vers l’intérieur lorsqu’on voudra conserver la chaleur et vers l’extérieur lorsque c’est du soleil qu’on voudra se prémunir. Ces panneaux pourront être rangés dans des soutes amovibles de chaque côté du rectangle de la base, dans le prolongement des murs arrangés en hexagone. J’aimerais que le pavillon soit suffisamment léger pour pouvoir être soulevé par deux personnes (pour la même raison, il faudra pouvoir l’ancrer dans le sol pour l’armer contre le vent).

Besoins :

astrofoil, grosse toile, mate­las de mousse, aide pour la construction, outils

astrofoil, coarse canvas, foam mattress, help for construction, tools

La tentation du monde

(i.e. : ça va bien aller)

« Ma vie est confortable. — J’ai l’eau courante, l’internet à volonté, ni chaud ni froid, ni faim ni soif, et — surtout — ma belle petite pilule bleue contre l’angoisse d’être !  La police arrête les voleurs, la télé m’informe des actualités, le gouvernement fait la loi et la morale est du bon côté. Les avions volent dans le ciel, les trains sur leurs rails, ↣ et le progrès file comme une flèche lancée par en avant. J’ai foi en cette flèche et y ajoute la mienne, en faisceau. — Nous vaincrons ! — Nous sommes un grand peuple aux commandes du vaisseau spatial Terre. Je peux dormir tranquille. — Ça va bien aller. »

Cette tentation, vous la connaissez bien.

Caricature : André-Philippe Côté

Après son deuxième échec, le diable transporte encore Jésus sur une fort haute montagne. Il lui montre, « en un instant » (Luc 4 : 5), tous les royaumes de ce monde et leur gloire. Puis il lui dit : « Je te donnerai toutes ces choses, si, te prosternant, tu me rends hommage » (Matt. 4 : 9).

— Mais non, voyons !  Où vas-tu chercher ça ?  Satan, maintenant ! ^^ Ne crois-tu donc pas à la techno-big-science incorporée ?  Tiens-tu donc à attraper la maladie du nez¹ ?  Ça va bien aller, c’est le techno-président lui-même qui l’a dit !

  1. *

Je remets en question le progrès lui-même,
sa nature, sa culture.
Cette question : le progrès,
qui devrait donner un sens à notre existence,
ne s’est-il pas substitué à elle ?

Le progrès n’est-il pas devenu notre existence elle-même ?

La locomotive roule-t-elle pour rouler
et pour la seule griserie qu’apporte la vitesse ?

Pierre Foglia

*

Définition de « progressisme », selon Toupie.org.

Étymologie : du latin progressus, action d’avancer.

Le progressisme est un courant de pensée qui considère qu’une transformation profonde des structures sociales et politiques doit être accomplie pour une plus grande justice sociale et pour l’amélioration des conditions de vie. Il s’oppose au conservatisme.

Les progressistes croient au progrès moral de l’humanité et aux bénéfices que le développement des sciences et des techniques peut apporter au plus grand nombre.

Le terme « progressisme » a été créé vers 1930, avec l’idée selon laquelle l’organisation sociale et politique actuelle résulte d’un processus historique continu d’amélioration qui peut être poursuivi, voire accéléré par des réformes souvent radicales.

Porté par la philosophie du siècle des Lumières et par l’essor de la science au XIXe siècle, le progressisme part du postulat que le sens de l’histoire est le progrès. Cependant, les deux guerres mondiales du XXe siècle, les camps de concentration, la bombe atomique, les génocides, la persistance de la pauvreté, les pollutions . . . ont nourri les critiques de la notion de progrès et de la domination de l’humain sur la nature. Le progrès n’apparaît plus comme devant être limité au seul progrès technique ni comme étant le résultat automatique de l’histoire.

*

Je croyais auparavant que le progressisme se limitait à l’aspect social (en premier lieu, la défense des droits de la personne), je m’en suis même réclamé ; mais un fort relent de technototalitarisme me fait faire une petite recherche sur l’idéologie en question qui m’apprend que celle-ci cautionne par la bande l’arsenal technique de plus en plus envahissant du soi-disant progrès — ce qui, subitement, me rend tout le concept fort suspect.

À bien y regarder, il y a et aura toujours à redire et à parfaire en ce monde — comme en bien d’autres, sûrement. Donc une idéologie du progrès . . . par le progrès et . . . pour le progrès deviendra en ces mondes hégémonique en elle-même, du simple fait qu’elle se prolongera par nature à l’infini dans toutes les sphères de la vie, toujours plus totalisante.

Nous n’avons pas à soi-disant « progresser » sur le chemin sans fin d’une idéologie qui construit ses propres rails, mais bien à vivre, processus de diversité en évolution s’il en est un !  Les mentalités évoluent, oui, les idées se fraient un chemin et des outils s’inventent ; accompagnons ces processus — mais veillons avant tout à ce qu’ils ne deviennent pas voies ferrées barricadées, puis enclaves, puis esclavage !  Un progrès ne peut être que spécifique à une situation particulière ; il ne peut valoir pour toute situation, pour la bonne raison qu’il serait alors arrêt et non progrès.

*

Il m’apparaît cependant évident que certains indices ont suffisamment de pertinence pour nous aider à mesurer de véritables progrès (et reculs) en ce qui a trait à notre aventure première — c’est-à-dire vivre. Si le PIB actuel (produit intérieur brut) est manifestement un indicateur perverti, il existe d’autres collectes de données possibles qui, bien conçues, peuvent, par simple principe de rétroaction (feedback), nous aider à mieux vivre, individuellement et collectivement.

La différence, c’est que ce genre de progrès entendra la mesure de façon mesurée, c’est-à-dire scientifiquement et humainement à la fois ; alors que le progrès progresso-progressiste (il faut être pour le progrès, voyons !) entend — de plus en plus, malheureusement — la mesure de façon technocrate ; c’est-à-dire moins humaine et plus autoritaire, plus totalisante, plus robotisante.

Une « science » vouée à un tel progrès, tracé impérativement par des techniques de plus en plus exclusives à des élites et classes exclusives, ce n’est pas de la science, c’est, au mieux, une machine infernale alambiquée digne d’une dystopie de série B.

La mesure mesurée n’est pas un progrès en soi, la construction sans fin d’une utopie dont le moteur emballé nous échappe, mais une attention constante et circonstanciée portée aux petits indices de la vie — c’est-à-dire une véritable science, une science humaine, qui nous éclaire, nous écoute et nous aide — ; et certainement pas un programme qui nous enfume, nous étiquette, nous salit, nous abêtit, nous exclue, nous divise, nous médicamente, nous contrôle, nous viole et nous encarcane !

*

Ne vous laissez pas attraper par l’illusion ; ceci n’est pas du prosélytisme religieux, ce n’est pas du prêchi-prêcha, c’est bêtement le technototalitarisme qui nous guette et l’humanité qui est en jeu. Des génies comme Mœbius nous ont prévenus de cette tendance lourde à profiter de crises (ou à en provoquer) pour ensuite imposer des solutions qui nous asservissent, ou du moins nous rendent plus faciles à contrôler.

*

La tentation du monde est si forte, parfois qu’on ne la voit plus. « Tout cela est bel et bon, l’humanité est en marche vers le progrès, la capitalo-techno-science s’occupe de plus en plus de nous ; j’ai mes divertissements, mes voyages, mes restos. Quiconque s’oppose à cette marche grandiose du monde est un disjoncté, un complotiste dont la pensée doit être vite neutralisée. — Vive la science (sic) en marche ! »

*

À poursuivre ainsi la tentation d’un monde en marche dans un progrès inexorable, donc d’un universel imposant et imposé, on aura au final négligé, voire piétiné le particulier, la personne. À gober individuellement l’hameçon du progrès avec le lunch gratuit, on aura cédé de sa liberté, de son humanité. À placer un soi-disant progrès au-dessus de l’intégrité physique de la personne et de son droit à l’autodétermination, on l’aura abandonnée dans la foulée. Solidaires avec qui, déjà ?

On se prosterne aujourd’hui devant la machine inexorable pour atteindre ou perpétuer ce monde si tentant, si rassurant, si prometteur, où les autorités ont la réponse technologique adéquate grâce au glorieux progrès. — Veuillez relever votre manche, s’il vous plaît.

*

Un véritable monde est chose digne à désirer, pourtant.

Un monde fondé sur nos désirs profonds, médités, sélectifs, harmonisés, oui, cela a du sens. Mais un monde à gober tout rond, tout encapsulé dans une belle pilule bleue pour revenir à la nouvelle normale (il y a sans cesse de nouvelles variantes de normales, on n’arrête pas le progrès), c’est un procédé à gogo — soit dit entre nous pour rester polis.

Je crois à une société solidaire faite d’individus autodéterminés. Le progressisme aujourd’hui, au prétexte du bien commun, efface trop souvent cette autodétermination sous des devoirs citoyens de plus en plus martelés, enjoints, voire forcés — et, de société réellement vivante, on chute à quelque informe « collectif » théorique en animation artificielle sur lequel se penchent les experts.

Que l’on mesure le progrès en fonction de l’humanité et non l’inverse serait un bon début d’amélioration de cet état pitoyable.

*

Où va donc le monde ? — Chaque personne a en elle une version du monde et chaque personne fait son chemin. 

— Où s’en vont donc ces mondes ?

Demandez-vous donc à quoi rêve chaque personne, demandez à votre cœur et aux gens autour de vous, et vous en aurez une idée pro-active, un petit monde digne de ce nom qui se tisse autour de vous — et de bonnes raisons de vivre en bonus !

Bonnes vies !  Bons chemins !

Frédo

Et si l’informatique libre . . .

 

Plateau Mont-Royal

Auteur à la recherche de conversations en présentiel (à portée de bixi — Montréal, Québec) autour d’un roman de science-fiction en devenir, afin d’y poursuivre la cogitation sur ce qu’il appelle l’ère communicationnelle.

Dans un monde cloisonné par le secret industriel,
l’informatique libre fait une apparition spectaculaire.

*

Trêve de cabotinage, je s’approprie ici le pronom !

J’aime bien, par beau temps, aller écrire et converser dans les parcs — à l’intérieur sinon. Si vous souhaitez que nous prenions rendez-vous, veuillez m’écrire à Fred.Lemire@LaTramice.net.

Consultez LaTramice.net, journal de l’ère communicationnelle, pour connaître mon filon — entre autres, mon recueil, La machine à souhaits, journal de bord d’un poète-ingénieur.

— Au plaisir !  Bonnes lectures !

Fred Lemire, alias Fred Mir, alias Frédo

Plateforme pour une ère communicationnelle

Image : Moebius

 

En avez-vous assez de cette foire d’empoigne qui, sur les médias sociaux et sur la Toile en général, enfle aujourd’hui comme tsunami, où chaque donnée est douteuse et à vérifier et à contre-vérifier, où certaines données ne sont même pas regardées par certains, sous le prétexte qu’elles seraient anecdotiques, hâtivement rejetées par ceux des fact-tchèqueurs qui sont relayés — très sélectivement — par les médias de masse, ou alors tout bêtement parce qu’elles viendraient de sources affiliées au « mauvais » bout du spectre politique et pour cela automatiquement discréditées ?  Une foire où les données brandies et répétées comme catéchisme par les médias de masse proviennent de sources pour le moins douteuses et non moins centralisées ?  Où une élite s’enrichit en temps de crise pendant que le reste y goûte — et que les plus atteints par la propagande galopante en redemandent ?

De la science, on en veut. Mais une centralisation s’est installée aujourd’hui qui nuit à la science, une centralisation de pouvoir et non de savoir. Quand on refuse de débattre, quand on ment, quand le ver est dans la pomme, quand la rétroaction nécessaire au savoir est refoulée par le vent du pouvoir qui seul anime la roue, quand nous ne sommes plus maîtres des outils qui devaient pourtant fidèlement nous servir, quand le centre du pouvoir s’immisce dans chaque sphère de nos vies et réduit à bétail l’humain et à errement son potentiel — ce n’est plus de la science.

*

Bon, nos médias nous servent mal, mais pouvons-nous nous passer d’organes de communication ?  Notre science elle-même est sourde et se totalitarise, mais pouvons-nous nous passer de science ?

Non, bien sûr que non.

D’abord, la réalité ne se résume pas à des « faits » — toujours, avez-vous remarqué ?, établis par des autorités, qui peuvent, par cette prérogative, aisément les manipuler. Non, la réalité est constituée d’une myriade de points de vue — et nous devrions pouvoir les « entendre » tous afin de ne pas obtenir, dès le départ, une vision biaisée de la réalité.

Sauf qu’il y a aujourd’hui un format réducteur de réalité qui s’est installé qui n’est guère favorable aux échanges et au débat. On cancèle allègrement, on dénigre gratuitement, on n’a d’arguments que d’autorité ou pour refuser le débat — et on se conforme à l’avenant !  Nos médias sociaux actuels sont mieux que rien, certains débats y ont tout de même lieu et nous nous y comportons comme les neurones d’un vaste cerveau planétaire dans les limites qui nous sont imparties au sein du spectaculaire flot d’information. Mais il nous faut mieux.

Ce qu’il nous faut, c’est un média social fiable, horizontal, qui conserve les données, permette de les mettre en relation intelligente et permette aussi les annotations, qui facilite les débats, qui puisse exister en-dehors du substrat informatique et indépendamment de lui et, surtout, qui ne nous efface pas quand on ne marche pas dans le sens des flèches ; un outil universel de communication, une plateforme inclusive et impartiale — un réseau de telles plateformes et outils ; un réseau universel où ne soient pas d’office balayés du revers de la main la demande de se faire entendre, de débattre, de questionner — ou, par exemple fort actuel, tout rapport citoyen que l’on pourrait vouloir faire homologuer à propos de notre état de santé suivant la prise d’un produit encore expérimental.

Qu’est-ce qui nous nuit, présentement ?  Est-ce la science ?  Est-ce la communication ???  Non, bien sûr, mais les mauvais usages qui en sont faits par des pouvoirs élitistes et autoritaires. Une communication à sens unique est une bouffonnerie, en regard du potentiel réel de la communication. Et une science sans réelle communication n’est pas une science — mais une secte.

*

L’universalité a été si souvent si mal utilisée, qu’elle est peu à peu devenue, pour beaucoup — et avec raison, hélas ! —, synonyme de contrôle élitiste et de bureaucratie — utilisation totalitaire qui réunit au bas d’un nouvel axe les prétendus « extrêmes » de l’axe gauche-droite. Que reste-t-il, qu’est-ce qui surnage lorsqu’on a identifié et remis à sa place ce qui, indigne affront à notre potentiel, nous rendait moins humain ?  L’humain, bien entendu. L’humain est là où co-existent l’individuel, le collectif et l’universel.

Un réel universel ne peut être unilatéral puisque, ainsi constitué, un simple dialogue le dépasserait en universalité.

La communication doit être ouverte, multilatérale, et la seule chose qui doit y être universelle en est l’accès. Nous avons besoin d’un outil commun, d’un moyen pour bien nous communiquer, d’un protocole de base pour se communiquer offres, besoins, intérêts, disponibilités, itinéraires, rendez-vous, capacité de transporter, circuits, idées, définitions, questions et réponses — bref, d’une plateforme communicationnelle digne de ce nom.

Nous avons besoin de communication, pas de contrôle. Pas unilatéral, en tout cas. — Car les témoignages qui se retrouveront sur cette plateforme devront bien sûr être corroborés. Et nous devrons nous assurer que cela ne soit pas la prérogative d’une entité exclusive.

En commun, nous devons avoir un système qui mette à profit l’intelligence collective et qui soit apte à faire émerger de nos rapports : connaissances, expériences, points de vue et déductions — de réelles clartés.

Cela, bien sûr, n’ira pas sans débats, querelles, enquêtes, procès, témoignages croisés. Mais ce sera mille fois mieux que les omissions et propagandes d’antan.

*

On a appris, dans une logique divisive, à prendre parti plus vite que son ombre, à tenir pour faux tout ce que dit « l’ennemi », à se précipiter sur des conclusions, des atteintes à la réputations, des accusations, des conflits, des coercitions — et sur la guerre, évidemment : où ailleurs pourrait mener la notion d’ennemi ?

On devra maintenant, dans une logique inclusive, apprendre à mettre en relation, à argumenter, à débattre, à réfléchir le complexe et laisser émerger le sens. Il y aura de tout et de son contraire, des critiques et des contre-critiques, mais, bien conçue, cette plateforme communicationnelle réticulaire pourrait nous présenter une réelle image globale détaillée et réellement nous aider à trouver et tracer en ce monde . . . nos multiples chemins.

*

Il est vrai que le combat est aujourd’hui engagé entre le potentiel humain, l’humanité, et la concentration de pouvoirs colossaux en passe de les subsumer à quelque totalitarisme, technocratique ou autre. L’enjeu de ce combat est une technique qui ne doit en aucun cas nous échapper, que ce soit de façon autonome (intelligence artificielle) ou en tombant dans les mains d’une élite totalitaire ; j’ai nommé : la technique langagière, la technique inhérente au fait de communiquer. On peut bien refuser la technocratie, tout plaquer et aller rejoindre des écovillages rustiques, mais le problème restera entier si on ne trouve pas moyen de communiquer intelligemment entre nous.

Les technologies communicationnelles ont leurs défauts, mais sont là pour rester. Nous devons nous assurer qu’elles restent entre nos mains pour nous servir — et non l’inverse. Elles doivent être nos outils, nos recettes, nos pratiques, etc.

Bon, elles sont en passe de nous échapper et cette ère technocratique nous échappe déjà de maintes façons, mais tous les ingrédients sont également disponibles pour que nous puissions encore établir une fondation réellement humaine à notre monde — et de ne pas œuvrer en vain !

Nous avons besoin d’infrastructures communicationnelles dignes de ce nom.

Et des écovillages, bien sûr. Tout cela en même temps !

*

Cette plateforme inclusive et impartiale devra être plus que citoyenne — adjectif qui, avouons-le, perd fort de son lustre en régime totalitaire —, elle devra être cosmopolite. C’est-à-dire que chaque être communicant, ultimement, devra pouvoir y avoir chapitre.

C’est un grand chantier à lancer. Moi je m’y suis cassé la figure. C’est trop d’administration, trop de gestion pour ma constitution de poète : je continue la réflexion dans un roman.

Ce chantier, il faudra trouver ou fonder une organisation pour le mener à bien. Il est probablement déjà lancé en de multiples entreprises à travers le monde, tellement le besoin en est criant. Je vais pour ma part écrire quelques lettres à cet effet, histoire de porter le message, à défaut d’avoir su accomplir son contenu.

Puisse La Tramice, vaillant vaisseau, mener à bon port ce message !

Qui donc saura financer, concevoir, implémenter, établir la légitimité d’un tel outil ?  Qui saura fédérer les multiples incarnations d’une telle idée ?  Quelle(s) équipe(s) ?

Pas moi, j’en ai peur, mais je veux bien jouer le rôle d’antenne-relais pour mettre en connexion les gens qui veulent s’y mettre, jeter un œil à leurs travaux, et éventuellement faire en ces pages un suivi de mes observations.

Mais surtout, je souhaite maintenant me concentrer sur le roman. Le ferment est activé — ça pétille, là-dedans !

Arriba !

Communicationnellement vôtre,

Fred Lemire
Fred.Lemire@LaTramice.net
Tramarade éditeur pour La Tramice

 

Si tu veux construire un bateau,
ne rassemble pas tes hommes et femmes
pour leur donner des ordres,
pour expliquer chaque détail,
pour leur dire où trouver chaque chose.

Si tu veux construire un bateau, fais naître
dans le cœur de tes hommes et femmes
le désir de la mer.

Antoine de Saint-Exupéry

 

Cela est humain

Dessin : @DrawnTechnology

Et si le clivage gauche-droite était un leurre ?

Les médias de masse aujourd’hui tiennent un discours trop homogène et trop semblable à celui que tiennent des autorités trop souvent inquestionnées, ce qui ne laisse que peu de place au débat ou aux témoignages citoyens, par ailleurs aisément cancèlés par un establishment qui, en contrôlant ces médias — sociaux et autres —, contrôle le narratif général. Conditionnés par ces médias en apparence divers, on rejettera alors une source ou une autre du revers de la main en prétextant qu’elle est « communiste » ou alors liée à « l’extrême droite ». Tous les amalgames sont permis.

Par exemple, pour un état totalitaire présentant des idéaux traditionnellement « de gauche »  — contradiction inévitable car le pendule de la liberté se balance bien des lignes droites tracées dans l’imaginaire —, pour un tel état, secret ou visible mais docilement relayé par les grands médias, ce sera facile de cracher sur toute objection, « évidemment de droite » (puisque aucune objection n’est permise à l’intérieur du totalitarisme, qu’il soit de droite ou de gauche) : et donc automatiquement fausse. Et vice-versa.

Hannah Arendt a popularisé le terme de totalitarisme. Dans The Origins of Totalitarianism (1951), elle en parlait en ces termes : « [L]e mot totalitarianism exprime l’idée que la dictature ne s’exerce pas seulement dans la sphère politique, mais dans toutes, y compris les sphères privée et intime, quadrillant toute la société et tout le territoire, en imposant à tous les citoyens l’adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis de la communauté. »

Elle dit aussi : « La différence entre la répression totalitaire et le genre de limites fixées par les tyrans militaires était que ces derniers ne se préoccupaient que des critiques de leur régime, tandis que les dirigeants totalitaires, comme les nazis et les communistes, cherchaient à mettre en place un mode de pensée qui pénétrait tous les domaines, notamment la philosophie, la littérature et l’éducation. »

La Wikipédia ajoute : « Selon Hannah Arendt, la différence entre une dictature et un régime totalitaire ne se situe pas dans l’ampleur de l’arbitraire, de la répression et des crimes, mais dans le degré de contrôle du pouvoir sur la société : une dictature devient « totalitaire » lorsqu’elle investit la totalité des sphères sociales, s’immisçant jusqu’au cœur des sphères privées et intimes (familles, mentalités, psyché individuelle). »

Le totalitarisme est donc d’autant plus totalitaire qu’il empiète sur les domaines proprement humains, qu’il menace au premier chef l’intégrité de soi, la totalité de nos rêves et potentiels.

Il ne faut pas alors s’étonner du sentiment populaire d’être exclu de l’exercice d’un tel pouvoir totalitaire — même quand il a été élu démocratiquement —, ni du besoin de se tourner vers des témoignages citoyens, ni de tirer la sonnette pour alerter la masse qui se laisse guider par cette élite totalitaire aux oripeaux d’universalisme — ni, évidemment, de douter — de tout —, encore et toujours. Tout cela sera évidemment cavalièrement dénigré comme « populisme de droite » par un establishment totalitariste aux valeurs de gauche. Et vice-versa, comme « populisme de gauche » par un establishment totalitariste aux valeurs de droite.

Il faut l’admettre, un tel extrême, affublé sans vergogne du nom de « communisme » ou de « fascisme » dépendamment d’où l’on se trouve — alors que supposément l’un est à l’autre bout du spectre par rapport à l’autre —, partagent tous les deux la propriété d’être totalitaire. La représentation de la Wikipédia du clivage gauche-droite (ci-dessous) ne suggère un tel rapprochement qu’imparfaitement, par la courbure d’un cercle incomplet.

Aujourd’hui, on entend souvent le mot « communisme » pour désigner le pire de ce qui s’est réclamé de ce nom — à vrai dire des façons totalitaires contraires à l’idée initiale du communisme, à savoir une société autogérée sans état. Pour corriger la méprise, il faudrait alors parler de plusieurs sortes de communisme. Ajoutons donc le communisme totalitaire, soit, même s’il n’a de proprement communiste que le nom, mais plaçons en parallèle, dans l’autre hémisphère du spectre, pour rendre justice à l’idéal communiste, le communisme libertaire.

Logiquement, ce dernier devrait se trouver au-dessus d’une ligne le séparant de son parent viré méchant. Du coup, on voudrait bien voir le fascisme lui aussi passer sous cette ligne. Et pourquoi pas ?  Cela suggère un axe complètement différent.

Humain : car tout cela, en-haut de la ligne, est humain et peut certainement être harmonisé — SI toutefois on ne tombe pas dans le piège d’une fausse dichotomie qui fasse prendre parti d’un trait humain contre un autre, quitte à le discréditer hâtivement, honteusement — d’une étiquette infamante !  Car, que sont véritablement la gauche et la droite, sinon un échevau inextricable de passions humaines allant des individuelles aux collectives, alors que la coïncidence des deux univers est cela même qui nous constitue comme humain et en humanité ?

Non, cette gauche et cette droite, c’était une grosse diversion. Car tous les traits suivants sont humains : la volonté de conserver des traditions (un consensus sur un ensemble de traditions qui ont fait leurs preuves est une bonne base pour pouvoir expérimenter sans tout risquer) ; la liberté d’entreprendre dans un cadre juste établissant nos droits (entendre : les limites de ces droits : écologiques, économiques et morales) ; la recherche de l’harmonie sociale ; enfin, une autonomie personnelle maximale et responsable dans une dynamique commune qui ait pour priorité que toutes et tous aient selon leurs besoins. On peut certainement très bien vivre en s’inspirant du meilleur du communisme libertaire, du socialisme, du libéralisme et du conservatisme, car tout cela est humain.

Un tel axe vertical, qui conserve l’intégrité de la personne, est bien plus orientant qu’un axe qui nous déchire inutilement — jusque dans nos entrailles ! (Ex. : la question de l’avortement.)

Ou bien peut-être n’est-ce même plus un axe politique mais un repositionnement émancipateur de l’humanité ?

En fait, la question à se poser est : Pouvons-nous nous délivrer des querelles où nous ne voyons que du mauvais à l’autre bout d’un spectre imaginaire où nous campons ?

Oui, demandons-nous si on voit bien à l’individuel et au collectif, ces notions sont orientantes, primordiales en regard de ce qui nous constitue ; mais n’en faisons pas un facteur de division : les deux vont ensemble — ou pas du tout. Un collectif réel est fait d’individus réels, c’est-à-dire libres de leurs choix et actions. Et, de même que chaque individu est ainsi responsable de la réalité collective, il doit considérer l’impact de ses actions sur les autres — et pouvoir bénéficier de la richesse collective pour continuer l’aventure humaine.

On nous a leurrés — ou nous nous sommes nous-mêmes leurrés ? — à croire à cette dichotomie gauche-droite étrange qui divise tout le monde à tous les niveaux.

Si on ne rejette rien de l’humain, on n’est pas tous pareils, on vit différemment, selon ses goûts, il y a une grande diversité. Mais on s’entend universellement sur une chose : la dignité humaine et, par extension, celle de la vie en général. Tu peux vivre différemment — et même ailleurs, avec d’autres qui te ressemblent —, mais n’inflige de tort à quiconque et ne menace pas les écosystèmes essentiels à la vie.

C’est à l’aune de ce principe qu’on pourrait, sans regret, mettre le totalitarisme, le fascisme qui y tend et le technototalitarisme qui pointe . . . à la poubelle de ce que l’histoire aura jugé inhumain — en soi défavorable à l’humain et à la possibilité d’humanité.

*

Au-dessus, la maison, la nature, l’univers et ses relations, l’esprit agissant : éco, cosmo, perso. — En bas l’outil, les recettes, les idées mêmes : techno, praxis, philo.

Synthèse possible : il ne faudrait pas qu’un outil, une manière de faire ou encore une idée devienne ce qui détermine l’existence.

L’existence est première. Moralement première. Les idées, les outils, les pratiques doivent la servir et non l’inverse. Ce serait peut-être même une bonne définition de ce qui est véritablement humain.

En outre, individuellement, est véritablement humain qui ne délaisse pas les réalités humaines pour une idée fixée dans son crâne comme un programme dans la mémoire morte d’un robot.

notre parole sculpte le réel

notre parole sculpte le réel
et le tisse et le modèle
notre écoute le parcoure
ouvre des lieux, des chemins
des télépathies et des voyages
notre curiosité élargit le monde
notre intérêt l’ensemence et le fait fructifier
nous sommes le temps qui arrive à l’espace
le verbe fait chair, la chair esprit
des histoires qui s’écrivent
la vie, la vie, qui se lie
des maelstroms d’interprétation(s)
des mondes, des nations de notions —
des États Quantiques qui pianotent
des équipées fantastiques
des nœuds, des obstructions
se dénouent par le jeu
le recul, la réflexion
le temps, qui souffle
des messages de nous à nous
de vers à soi à vers à tous
*
tous nus dans le désert
nous serions riches
de toutes les galaxies
de la souple langue
— tapie, magique —
et du souple esprit
joli ciel où s’articulent
nos idées, fixes ou filantes
qui brillent, et brillent, et brillent

Lettre aux gens de la bidouille

(Appel au génie cybernétique)

Eh bien, sachez, d’abord — que j’en suis, de la bidouille, et que si l’informatique enchante, je sais très bien qu’elle peut aussi envoûter et enfermer . . . et terriblement mieux qu’une cage — où il est du moins loisible d’être autre chose que ce à quoi est prévue une case. ^^

Le rêve devenu cauchemar est une vieille rengaine, les rayons science-fiction en regorgent et la vie, hélas ne s’est pas prémunie de tous ces vaccins littéraires ou cinématographiques, et . . . nous nous enlignons pour une polydystopie bien carabinée !

Mais . . . faisons contre malfortune bon cœur, et voyons aujourd’hui nos outils.

Un bref coup d’œil suffit à se rendre compte qu’ils sont techniquement plus que suffisants pour remplacer, et avantageusement, à l’échelle de leurs utilisateurs (autrefois administrés), les grands systèmes qui traitent encore la population comme une masse — parfois bien malcommode à pousser dans une case !

Je dis, moi, que le moment d’un nouveau système est arrivé : un système qui nous inclut et qui accompagne la diversité plutôt que de la standardiser !

Nouvelle administration !

*

Je vous invite à rejoindre la petite équipe qui présentement s’active à la mise sur pied d’un système de communication émergent qui met au centre les besoins et les souhaits de chacun — j’ai nommé : la machine à souhaits. Celle-ci est constituée d’un essaim d’assistantes personnelles appelées tramices qui, à travers leurs consoles tramicielles, collecteront nos souhaits et nous aideront à les préciser.

Visage de la tramice n° 721

Nous désirons qu’elles aident leurs tramarades (ainsi appelle-t-on les utilisatrices et utilisateurs de ces tramices), dans leurs langues (bienvenue d’ailleurs aux contributions en toute langue), à trouver et formuler leurs souhaits (demandes, offres, intérêts) ; nous souhaitons qu’elles soient aussi un peu psychologues, et viennent déceler les désirs profonds enfouis en nous, les besoins parfois tus — ou niés par une vision par trop limitative du monde.

Nous croyons qu’un monde multicolore et fluide est non seulement souhaitable, mais qu’il est tout à fait possible de le mettre en place par une intelligente communication de nos souhaits.

Ces souhaits seront par nos tramices envoyés à la WOOM, la Wish-Oriented Oracular Memory, où ils seront appariés avec diligence, intelligence et discrétion, derrière une muraille inscrutable et bienveillante. Le principe de cet appariement est la cohérence même du langage. Car on compilera, à travers les réponses des tramarades, éventuellement toutes les façons de dire une même chose, et aussi quels souhaits sont complémentaires les uns pour les autres, ce qui donnera à la WOOM les moyens suffisants d’intelligemment apparier tout ça — et par la bande de faire apparaître un dictionnaire pictographique émergent des éléments de communication que nous utilisons tous les jours de mille-et-une façons.

L’algorithme d’appariement des souhaits est à l’état de prototype fonctionnel depuis 2013 et je viens de coder un moteur de conversation qui permet de jaser, comme avec Siri, OK Google ou Cortana (textuellement seulement pour l’instant). Et nous sommes présentement à donner un peu de conversation à notre assistante prototypale, la tramice n° 721.

Grâce à l’intelligence spatio-temporelle de la base de données centrale, la WOOM, les tramices aideront aussi les tramarades à planifier leurs rendez-vous (il est parfois ardu de trouver un moment et un lieu qui conviennent à tous, surtout quand on commence à se faire quelque peu nombreux), leurs transports, le transport de matériel, leurs projets, leurs équipes émergentes, etc.

*

La notion de se faire tramarade, de mettre l’accent sur les utilisateurs (regroupés ici par une guilde, La Guilde des Tramarades) est une approche qui implique une participation décentralisée, libre et émergente, passant par la communication enfin prise en mains par nous tous, les individus, et non quelque société incorporée sur notre dos. La co-gestion des ressources et des projets n’a pas à être chiante, si elle est astucieusement facilitée et coordonnée par nos serviables machines.

Nous sommes particulièrement à la recherche des talents suivants : administration de système (serveur web), infographie, animation par step-motion, montage vidéo, programmation, animation, recherche, traduction (toutes langues), impression, reliure, fabrication d’encre végétale et d’un tampon marqueur (pour les carnets de reconnaissance) ; connaissances en WordPress, TikiWiki, LiveCode, Ruby, SQL ; APIs et ontologies de toutes sortes : RDF, OWL, Semantic MediaWiki, etc. ;

Je vous invite à en apprendre plus sur le projet et la vision de la machine à souhaits en visitant les pages qui en parlent sur notre site.

Écrivez-moi un mot si vous désirez que je vous invite à notre groupe de réflexion privé, ou si vous souhaitez vous impliquer dans notre projet — ou simplement pour en savoir plus. — Les bonnes questions sont toujours les bienvenues !

Belle et bonne bidouille à nous !

Fred Lemire
Fred.Lemire@LaTramice.net

Qu’est-ce qui se trame sur la Tramice ?

Image de Mœbius

La machine à souhaits 2.0 !

~ appel à la collaboration ~

Et si, donc, un beau matin prochain, il existait — : LE fil de nouvelles centré sur l’essentiel, c’est-à-dire qui, sans remplacer (enfin, pas tout de suite) ceux qui vous informent actuellement (mal et bien) sur le monde, mettrait avant tout l’emphase sur vos besoins et vos souhaits, ainsi que sur ceux de votre entourage ?

Et si, oui, nous nous communiquions intelligemment nos rêves, nos souhaits, nos projets, nos besoins, nos préférences, nos talents ?

Et si, plutôt que d’uniquement nous renseigner à son sujet, nos outils de communication nous aidaient avant tout — enfin ! — à littéralement créer le monde qui nous entoure en aidant chacun et chacune à réaliser ses rêves ?

Un outil de cette nature, voilà en plein ce que nous nous proposons d’implémenter, à LaTramice.net — idéalement, oui, avec un peu d’aide —, dès l’hiver 2021, sous la forme d’une « machine à souhaits », c’est-à-dire un outil capable d’apparier les souhaits qui se répondent . . . tel que je le claironne depuis 2010.

— Seulement, cette fois-ci : elle parle ! ^^ —

Mais, tout d’abord, une grande nouvelle !  Depuis un an aujourd’hui même, un rêve enfin devenu réalité : une équipe également amour et amitié (franchement, et plus ;^) : il y a à mes côtés, de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, pleine de ressources et de goûts et d’enthousiasmes partagés, Florence. Elle est entrée à fond dans mon délire de Tramice et tout ça, et, tous les soirs ou presque, entre autres choses, — on trame !  Mainte idée ici ne me serait sans doute venue, maint élan, sans ces soirées inénarrables.

*

Ensemble, nous planifions, entre autres surprises, de lancer, ici même, sur LaTramice.net, un . . . comment dit-on en français ? . . . disons pour l’instant une . . . « tchatt-bote* » !  Sa fonction première sera d’être votre assistante dans la formulation de vos quêtes et vos recherches (aussi bien dans vos offres que dans vos besoins et souhaits, petits et grands) — à votre service, prête au dialogue, à être votre complice !

*    Je propose aussi le mot dialogiciel. Eh oui, il sied bien, il me semble, à un dialogiciel, en plus de savoir faire toutes ces connexions logiques esquissées dans mon recueil, maintenant sous-intitulé journal de bord d’un poète-ingénieur (à la page 73), d’également savoir . . . dialoguer !

*

Notre but est d’offrir sur notre site à chaque tramarade (voir le prochain paragraphe) un tableau de bord personnalisable (ou console) doté d’une telle tchatt-bote ; la nôtre se nommera La Tramice n° 721 (le numéro servant à la distinguer des autres tramices qui, nous l’espérons, verront le jour) et sera dédiée au bien-être de tous les tramarades, grâce à l’intelligence individuelle comme collective, naturelle comme artificielle. Il est prévu que l’assistance fournie à chaque personne sera par celle-ci finement paramétrable et l’aidera à s’organiser dans le temps et dans l’espace (pour des rendez-vous, par exemple) — ainsi qu’à l’ensemble des tramarades à gérer, dans une émergence fluide et éclairée : ressources, équipes, projets, claviers et dictionnaire d’éléments de communication.

*

Le terme unisexe de tramarade a été choisi pour désigner (selon nous plus joliment) les usagers et usagères de tramices. Comme ils et elles en sont les éléments les plus importants, notre mouvement étant un mouvement d’individus, le nom du collectif qui les réunira devra parler d’elles et d’eux.

Alors, roulement de tambour, ce sera :

La Guilde des Tramarades

ou bien (mais alors là entre nous) tout simplement : la Guilde

*

En anglais, nous avons retenu le nom de The Trammers Guild. Le terme trammer existe déjà en anglais, mais n’est plus guère en usage ; il signifie : « travailleur.se des mines qui transporte le minerai en tirant un wagonnet ». On pourra, étymologiquement, relier le nouvel usage du mot à tramarade : usager, usagère de tramice (contrepèterie de matrice, en référence au film The Matrix (USA, 1999), l’inversion symbolisant ici notre préférence pour une machine à notre service — plutôt que l’inverse !)  « Tramice » s’écrira en anglais . . . comme en français, et se prononcera tra-miss.

*

EN ROUGE : RÉVISION DU 26 NOVEMBRE 2020

Nous prévoyons donc qu’il y aura plusieurs serveurs de souhaits (ou serveurs tramiciels, que nous avons baptisé WOOMs, pour Wish-Oriented Oracular Memory), œuvrant à aider chacun (chacune, puisque WOOM est bien évidemment un nom féminin) jusqu’à 10 000* tramarades à apparier leurs souhaits et à organiser leurs activités. Nous commencerons par une, bien entendu.

*    Afin que le déploiement reste local et décentralisé — et aussi dans un esprit de partage —, nous avons fixé un plafond arbitraire selon lequel il sera demandé aux opérateurs de serveurs tramiciels de limiter le nombre d’inscriptions à 10 000 tramarades actifs.

Les modalités d’opérations des différentes WOOMs pourront différer, mais elles devront être entérinées à l’unanimité par les opérateurs et opératrices des WOOMs en fonction. — Bon, j’anticipe un peu. 😉

Un compte qui ne sera pas utilisé pendant deux ans et plus sera compté comme inactif ; nous avons également décidé que notre service sera entièrement gratuit le temps de faire nos preuves (au moins un an, peut-être plus, dépendamment de la vitesse de croissance de la Guilde) — et que nous demanderons alors aux tramarades une contribution annuelle abordable (de l’ordre du coût d’un sandwich).

*

Comme vous le savez peut-être déjà, la machine à souhaits fonctionne par déduction ; l’astuce première consiste à donner à la machine autant d’indices qu’on peut lors de la formulation de chaque souhait. D’abord en donnant des exemples de souhaits qui y seraient une réponse adéquate ; ensuite, en formulant chacun de ces souhaits de multiples façons, que ce soit en plusieurs langues ou en utilisant différentes tournures de phrases qui ont le même sens.

Les souhaits ainsi donnés comme équivalents sont décomposés par la machine en leurs éléments de base afin qu’elle puisse vite découvrir, par permutation de ces éléments, toutes les façons de dire une même chose et, grâce à cela, savoir apparier les souhaits avec de plus en plus d’à-propos. Autrement dit, la machine, en comparant les souhaits donnés comme synonymes « apprend » comment les éléments du langage se disent de différentes façons — et aussi comment ils se répondent. Ainsi, plus on lui donne de souhaits, plus la machine à souhaits se perfectionne dans sa capacité à pertinemment les apparier.

De plus, elle se construit en passant — tel un précieux sous-produit — une sorte de dictionnaire multilingue illustré (le D’ico) qu’il sera certainement intéressant de consulter. Puisqu’il y aura éventuellement un réseau de telles machines à souhaits (ou de tramices), chaque ajout au dictionnaire d’une tramice devra être communiqué à toutes les autres pour qu’elles l’ajoutent chacune à son dictionnaire propre.

*

Florence a bravement accepté de se lancer avec moi dans la programmation et d’apprendre ce qu’il faut de LiveCode pour que nous puissions ensemble implémenter notre Tramice n° 721. La programmation, c’est un peu comme la bicyclette, non ?

Puisque nous sommes néophytes en matière de serveurs web, nous apprécierions bien quelques lumières et collaborations en cette matière. Nous sommes également à la recherche de tramarades bidouilleurs et bidouilleuses qui aimeraient nous rejoindre dans notre entreprise !  Connaissances utiles : LiveCode, Ruby (langage dans lequel est programmé le prototype de machine à souhaits), la programmation orientée objet, MySQL, WordPress, design graphique, animation par step-motion, montage vidéo, recherche, traduction (toutes langues), impression, reliure, gestion de serveur web ; APIs et ontologies de toutes sortes : RDF, OWL, Semantic MediaWiki, etc..

Avis aux intéressé.e.s !

*

Détails de l’implémentation

Nous avons consulté plusieurs autres personnes et beaucoup de réflexion a été faite sur l’implémentation de l’idée, et il en restera probablement toujours à faire — certains petits détails étant souvent les plus longs à fignoler et d’autres, moins petits, toujours à refaire, tandis que, là-dehors, le décor change, plus ou moins subitement. ^^ J’en présente ici l’essentiel.

*

Une des décisions a été facile à prendre : les données personnelles seront par défaut privées et encryptées, visibles uniquement par leurs propriétaires. En fait, les souhaits seront validés par des tramarades volontaires, mais ils seront alors anonymisés par souci de privauté.

Une autre décision fut beaucoup moins facile à prendre, mais nous nous y sommes résignés en raison du principe de responsabilité envers les mineurs que nous avons trouvé trop complexe à assurer d’emblée de jeu : il faudra avoir l’âge de majorité pour pouvoir devenir tramarade. Cependant, si une chose est certaine, c’est qu’on peut avoir de beaux souhaits avant d’avoir atteint l’âge de maturité fixé par la loi — et ce serait trop dommage de les oublier !  Aussi, nous invitons les adultes inscrits à la Guilde à également inscrire des souhaits pour les plus jeunes personnes dont ils ont légalement la responsabilité. La réflexion sur le sujet se poursuit sur LaTramice.net : bienvenue d’y participer !

La promesse d’utilisation conviviale

Il a aussi été convenu qu’il faudra s’inscrire à la Guilde auprès d’une personne qui en est déjà utilisatrice, c’est-à-dire un.e tramarade ; il faudra également faire une promesse solennelle d’utilisation conviviale de la machine. Qu’est-ce que c’est que cette invention ?  Un truc légal ?  Pas du tout : c’est plutôt une affaire d’honneur !  Car l’utilisation de la machine est réservée . . . à de beaux souhaits !

En clair, la personne désirant s’inscrire devra s’engager à tenir la promesse suivante :

Je promets de n’utiliser
la machine à souhaits
qu’en bonne convivialité
(du mieux que je le puis)
avec tous les êtres.

Rappelons que la convivialité (selon le dictionnaire Reverso) est l’ « ensemble des sentiments favorables et tolérants existant entre les membres d’une société ».

*

On pourra objecter à notre projet que l’exploitation de certains éléments du support informatique matériel requis pour mener à bien notre projet, de même qu’une part, probablement, de l’énergie requise pour ce faire — mettent à mal l’environnement, voire le bien-être physique de populations entières !

Nous reconnaissons ce problème, et souhaitons y porter remède. Une réponse constructive que nous avons trouvée est d’encourager les tramarades à rendre leurs postes de travail disponibles à des gens qui ne souhaitent pas acquérir de matériel électronique.

Une autre, peut-être plus convaincante : contribuer à la Guilde, à notre équipe locale du moins, celle des Opérateurs de la Tramice n° 721, ce sera aussi contribuer à l’innovation écologique, car elle sera (est déjà) partenaire au sein d’un réseau de recherche libre — et pépinière de projets d’inspiration permaculturelle —, le Réseau PraxÉco, dans lequel elle injectera, par conscience écologique, 14% de ses revenus. La collaboration de tous les partenaires au sein du Réseau PraxÉco sera reconnue par un convivial système de parts et de réflexion collective.

Bienvenue aux autres opérateurs de tramices de se joindre au Réseau PraxÉco, si cela les inspire !

Une inscription par réseau

L’inscription par réseau permet de donner du poids à la promesse d’utilisation conviviale et donne aussi un moyen d’authentifier, via les chaînes de références, l’identité des personnes qui s’inscrivent.

Voici comment ça fonctionne :

On ne peut s’inscrire à la machine à souhaits qu’auprès des personnes déjà inscrites. Il est important que celles-ci connaissent déjà chaque personne (et puissent attester de l’authenticité de son adresse courrielle) qu’elles désirent inscrire.

Les personnes qui désirent s’inscrire à la Guilde des tramarades mais qui ne connaissent personnellement aucun.e tramarade pourront mettre leurs noms sur une liste que pourront consulter les tramarades en quête d’expansion. On peut s’ajouter sur cette liste en écrivant à :

LaGuilde@LaTramice.net

*

Pour commencer à tramer, la personne nouvellement inscrite n’aura qu’à rédiger son volio, c’est-à-dire sa liste de souhaits. La tchatt-bote maintiendra celle-ci dans un format simple compréhensible par l’algorithme de la machine à souhaits.

*

Il est prévu, pour des raisons écologiques, que chaque serveur tramiciel traitera le plus localement possible les listes de souhaits (ou volios) — et communiquera avec les autres serveurs tramiciels pour pouvoir, sur chacun d’eux, mettre à jour le dictionnaire d’éléments de communication (ou D’ico) que l’algorithme aura dégagés des souhaits.

Les Volios

Votre volio est votre liste personnelle de souhaits. C’est, plus précisément, un document qui rassemble vos informations et vos souhaits, et qui, transmis par les tramices de la Guilde aux serveurs tramiciels (ou WOOMs), vous fera recevoir d’elles une information pertinente, c’est-à-dire : des souhaits qui répondent aux vôtres, de même qu’une voie de communication avec leurs auteurs.

Il est désormais possible d’inscrire vos volios !
Tous les renseignements sur la page de la Tramice n° 721 !

Les souhaits y sont écrits en langage naturel, c’est-à-dire comme vous vous exprimeriez dans un message de tous les jours (adressé à une personne et non à un robot), sauf qu’une syntaxe simple et quelques mots-clés viennent par derrière encadrer ces souhaits de manière à informer la machine à propos de comment lier les souhaits entre eux et les traiter. Cette syntaxe pourra être ajoutée automatiquement par la tchatt-bote, à moins que vous préfériez la produire vous-même. (Cette syntaxe toute simple est décrite à la page 216 de la version intégrale de mon livre La machine à souhaits, journal de bord d’un poète-ingénieur.)

Votre volio peut être vu à lui seul comme un « plan de vol » dont les paramètres décrivent la nature des échos tramiciels souhaités. Il reviendra bien sûr aux pilotes du tableau de bord de la Tramice n° 721 (que nous sommes encore à concevoir) d’exprimer leurs besoins et souhaits et, intelligemment informés de ceux des autres par la machine, à y répondre — ou pas —, tout naturellement.

Pour vous donner une idée de ce à quoi ressemblera ce tableau de bord, cette console tramicielle, voici un aperçu, un brouillon de ce qui évoluera sans doute encore et encore — et encore.

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On notera en passant que je soutiens que notre nature bienveillante ne demande qu’à s’exprimer et qu’elle n’attend qu’un nouveau paradigme pour s’épanouir. ^^

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Pour que les souhaits puissent correctement alimenter la machine, disions-nous donc, ils doivent être formulés de différentes manières et, au besoin (s’il ne s’agit pas de souhaits consistant à trouver des gens ayant le même souhait), être accompagnés d’exemples de souhaits qui y seraient des réponses adéquates, eux aussi formulés de différentes manières, que ce soit en différentes langues ou avec différentes tournures. Pour cette raison, les tramarades sont encouragés à formuler chaque souhait d’autant de manières qu’ils le peuvent.

D’autre part, ils peuvent aussi gagner des points de reconnaissance pour le temps passé à fournir ou valider des formulations alternatives des souhaits et ce, y compris pour les souhaits qui ne sont pas les leurs mais qui leur sont soumis anonymement par leur WOOM locale. Bien logiquement, la tâche comprend aussi de veiller, par la même occasion, à la recevabilité de ces souhaits en vertu de la promesse d’utilisation conviviale.

La Guilde, ainsi, s’autorégule en intégrant un principe simple :

— Tout doux, tramarade !

Les carnets de reconnaissance  

Être reconnu.e pour ses contributions n’a pas à être aussi compliqué que dans le système monétaire actuel, et c’est pourquoi les carnets de reconnaissance* sont si pratiques. Ils permettent de tenir le compte de reconnaissances bien réelles (qui correspondent au référent intelligible heure / ouvrage / personne — HOP ! —) et de nous informer sur notre équilibre donner-recevoir au sein de la collectivité.

*    Le carnet de reconnaissance est un outil personnel de comptabilité décentralisée inspiré du JEU (jardin d’échange universel).

Si on n’a pas le temps de tout programmer d’ici la fin de l’hiver, il est envisagé qu’une version papier soit essayée, mais une version tissée en toile d’internet sera éventuellement vachement utile !  Il ne s’agit pas ici de thésauriser, d’escamoter ou de taxer, mais simplement d’offrir un outil pour tenir ses comptes (en HOPs) et pouvoir être ainsi mieux à même de s’assurer qu’on a donné au moins autant qu’on a reçu. Sans une telle comptabilité, on peut rester sous de fausses impressions de n’avoir pas assez donné — ou trop, selon son tempérament. Un petit carnet où tout est noté — et hop ! — ce petit souci a disparu.

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Notons que ce système demande que certaines personnes aient à certains moments dans leurs carnets une somme négative de HOPs — ce qui n’est pas un problème en soi. Mais, psychologiquement, cela demeure généralement inconfortable. Heureusement (dans l’esprit des points d’action communautaire du système JOATU), il existe une façon élégante de créer positivement des HOPs (ou toute autre devise) sans que personne y perde, et c’est d’en générer pour récompenser les personnes qui donnent du temps à des projets bénéficiant à la communauté.

Ainsi, en ce qui concerne la Guilde des Tramarades, l’apport de toutes les personnes qui valident les souhaits (et leurs traductions) sera-t-il pour elles générateur de HOPs échangeables ; la somme de ces heures d’ouvrage (au total et par région) sera comptabilisée par la Guilde comme statistique, certes, et même comme objet de fierté — mais pas comme une dette.

Sécurité au sein de la Guilde

Notre système assurera un minimum de sécurité puisqu’il y sera de mise, pour les tramarades volontaires qui valident les communications dûment anonymisées, de signaler toutes celles justifiant qu’on s’en inquiète. Cette action ne sera pas à prendre à la légère, puisqu’un signalement pourra lui aussi être signalé, et ainsi de suite. Il sera facile, ainsi alertés, de repérer les communications qui ne sont pas acceptées — et de vérifier qu’elles ne le sont toujours pas si elles se repointent ultérieurement. Les comptes d’où proviendraient de telles communications à répétition seront suspendus et éventuellement supprimés (seules peines possibles au sein de la Guilde).

Notons au passage que la machine à souhaits ne se veut en aucun cas un lieu de procès. Les souhaits allant en ce sens, tout comme ceux qui contreviendraient à la promesse d’utilisation conviviale, seront simplement refusés — votre assistante tramicielle vous informera alors de leur irrecevabilité.

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Nous avons jonglé avec un système d’étoiles (✩) afin de signifier notre appréciation des interactions avec les autres tramarades ; mais rendre publique une telle appréciation, si subjective, nous a semblé potentiellement porteur d’injustice, et nous avons plutôt opté pour un système où chaque tramarade peut conserver, à son usage exclusif, des notes sur ces interactions.

Cependant, tout signalement sera immédiatement investigué.

Des équipes émergentes

Une approche émergente, cela signifie, entre autres, que la machine fonctionne à partir des souhaits individuels et que des souhaits collectifs émergent d’eux, par simple convergence.

Les souhaits des tramarades concernant leurs projets et entreprises individuelles deviennent des souhaits collectifs tout simplement lorsqu’ils informent mutuellement la Guilde (via leurs machines à souhaits locales) qu’ils forment une équipe les uns avec les autres.

Les équipes sont ainsi entièrement émergentes. Les tramarades peuvent écrire sur leurs propres listes de souhaits avec quel.le.s autres tramarades ils et elles souhaitent faire équipe, et pour quelles activités. Quand des tramarades se choisissent mutuellement pour une activité, une équipe est née.

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Des équipes, évidemment, se diviseront (ou se multiplieront, dépendamment du point de vue) — que ce soit par divergence d’opinion quant aux manières de faire ou par surnombre de membres, ou encore parce que les territoires qu’elles couvrent sont trop grands. Là encore, la tchatt-bote pourra nous aider en communiquant avec toutes les parties impliquées afin de faciliter le processus — entre autres en porposant aux équipes qui se séparent des moyens de continuer à poursuivre de concert les buts qu’elles ont en commun.

Des échos tramiciels au petit-déjeuner

Pour partir la journée du bon pied, quoi de mieux que de consulter ses échos tramiciels !  Bon, d’accord, ce n’est pas là qu’on trouvera toutes les « nouvelles à connaître » du monde entier, et les réseaux sociaux qui font commerce d’une telle recette ont sans doute encore bien des beaux jours devant eux ; — mais il se pourra, si vous avez veillé à la bonne rédaction de votre volio, que vous receviez de votre affable machine à souhaits des échos fort intéressants. ^^

Vous pourriez par exemple apprendre qu’un de vos souhaits a trouvé réponse, ou que des voisins requièrent un service ou un bien que vous pourriez leur offrir. Chaque journée a ses mille-et-une opportunités : à vous de bien les saisir !

Bien sûr, dans un tel flot, une assistance tramicielle ne peut pas nuire, puisqu’elle consiste à vous aider à préciser et paramétrer vos souhaits afin qu’ils vous rapportent en priorité les échos les plus significatifs à votre quête personnelle, tout en vous informant de manière pertinente sur votre entourage.

Un appel est donc lancé à quiconque s’intéresse à notre aventure . . .

. . . pour l’une ou l’autre de ses nombreuses dimensions — de bien vouloir considérer rejoindre notre petite équipe qui espère s’agrandir et dûment se déployer — fût-ce en télé-tramant, il va de soi.

Toute remarque bienvenue, tout vrai dialogue pertinent (pour lui-même). Le processus est mouvement, échos, contact, retour, les idées à bras-le-corps et roulant telles des dragons fantastiques et familiers — immenses ou minuscules.

—  Tramarades de tous les horizons, à nos souhaits !

 

Fred Lemire
Camarade éditeur
Journal La Tramice

Fred.Lemire@LaTramice.net